Vers la revitalisation des activités agropastorales au Sud-Kivu
06 Aug 2010

Des chercheurs éthiopiens et britanniques ont échangé avec des scientifiques, des fermiers, des entrepreneurs privés et les autorités locales du Sud-Kivu sur leurs expériences respectives dans les domaines de l’agriculture, la pêche et l'élevage. Ces échanges constituent la première étape d’un projet avec Bioeconomy Africa pour la revitalisation de l’agriculture au Sud-Kivu à partir des expériences qui ont réussi ailleurs, notamment en Ethiopie.

La mission venue de la capitale congolaise était composée du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies et Représentant résident du PNUD  pour la République démocratique du Congo, Fidèle Sarasorro, du Ministre national de l’agriculture, pêche et élevage, Norbert Basengezi Katintima, du Docteur Tikubet Getachew d’Ethiopie et du Professeur David Rogers de l’Université d’Oxford. Elle a séjourné au Sud-Kivu du 31 juillet au 2 août 2010.

La délégation a visité trois sites : l’Institut national des études et recherches agronomiques (INERA) de Mulungu, le Centre de recherche en sciences naturelles (CRSN) de Lwiro et l’Institut technique agricole et vétérinaire (ITAV) de Mushweshwe. Le village de Mushweshwe, situé à environ 60km au nord de la ville de Bukavu, est désigné comme zone pilote et devra bénéficier de l’appui de centres de recherche de Mulungu et de Lwiro. « Ces deux centres avaient fait la fierté de la sous-région des Grands Lacs africains. Leurs infrastructures datent de l’époque coloniale et sont actuellement en état de délabrement très avancé et les équipements sont très vétustes » a déclaré Monsieur Katintima.  

Malgré les conditions difficiles de travail, les chercheurs du Sud-Kivu ont réussi à mener des études sur la mosaïque du manioc, les possibilités de repeuplement du lac Kivu ainsi que sur les nouvelles techniques d’élevage de bovin.  Ils déplorent cependant le manque de soutien de la part des décideurs politiques. Les fermiers quant à eux, estiment qu’ils ne sont appuyés ni par les scientifiques, ni par le gouvernement et éprouvent parfois des difficultés d’accès à leurs fermes en raison de l’insécurité. Suite aux conflits armés, ils ont perdu leur bétail ainsi que le pâturage. Ils ont par ailleurs réussi à importer des bovins de race améliorée mais les conditions ne se prêtent pas toujours pour avoir le rendement escompté.

Les images servant d’illustration pour les chercheurs et les fermiers du Sud-Kivu ont montré qu’il est possible de transformer un milieu désert en un espace vert. Avec la nouvelle technologie agricole, les fermiers éthiopiens ont réussi à créer des espaces verts, à développer l’élevage, le biogaz.

L’objectif de cette initiative est d’avoir un cadre d’échanges entre les chercheurs et porter de nouvelles connaissances aux fermiers afin d’améliorer leur production et transformer leurs produits. « Le futur d’une nation est dans les mains de la nouvelle génération. Là où il y a la motivation, l’énergie et l’engagement, le changement est inévitable et le développement est possible » a déclaré le Professeur Getachew.

Mr Sarassoro a précisé que ce premier contact permettra d’établir une feuille de route pour une collaboration future. « C’est plus facile de collaborer de façon linéaire mais la collaboration holistique est plus difficile. Pour ce faire, il faut un engagement politique, un appui du système des Nations Unies et une détermination des chercheurs scientifiques afin d’améliorer la qualité de vie des fermiers africains ainsi que leur environnement », a renchéri le Représentant résident du PNUD.

Le Professeur Rogers a émit le vœu de voir une bonne collaboration et une bonne coopération s'établir entre les chercheurs. Selon lui, « s’il y a une volonté, il y a une issue ».

Avec l’appui du PNUD, le Ministre national de l’agriculture, pêche et élevage avait effectué une mission de travail en Ethiopie pour se rendre compte de l’expérience de la Bio économie développée en Ethiopie dans l’objectif de répliquer cette expérience en République démocratique du Congo. Mr Katintima a proposé deux provinces pilotes pour le démarrage de ce projet, le Bas-Congo et le Sud-Kivu.
 
 
Pour plus d’information, contacter :
Michel Dubois, Bureau terrain Sud Kivu, +243997818504 ou michel-yvan.dubois@undp.org

 
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