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   Rapport Annuel 2011/2012

    
En République démocratique du Congo, ex-combattants et jeunes déscolarisés sont réintégrés dans leur communauté grâce à leur travail
22 Jun 2012
Le soleil brille sur le village de Mahagi, à la frontière avec l’Ouganda dans le district de l’Ituri, République démocratique du Congo (RDC). Mais la région n’a pas toujours été aussi paisible. Wathum Ukecha, 32 ans, marié et père de quatre enfants était agriculteur. « Dans les années 2000, à cause de l’insécurité grandissante, cela devenait de plus en plus risqué de travailler dans les champs et de se déplacer. C’est pour cela que j’ai rejoint l’armée patriotique des Congolais (APC) de 2000 à 2004. » En effet, chaque communauté possédait alors son propre groupe armé et les conflits ethniques avaient dégénéré en de graves guerres civiles. « Après quatre années passées dans la forêt, je me suis fatigué des mauvaises conditions de vie et je songeais à rejoindre ma famille quand le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a lancé son projet de réinsertion d’ex-combattants. J’ai donc choisi volontairement de me démobiliser. »

Après avoir suivi une formation de six mois en menuiserie, Wathum a reçu un kit de lancement composé d’outils ainsi qu’un atelier où travailler avec les 14 compagnons du groupe dont il fait partie.

Wathum annonce fièrement : « les dernières demandes étaient respectivement de 58 pupitres et 51 écritoires pour une ONG et 150 pupitres pour une école ».

Grâce à un financement complémentaire du Bureau International du Travail, l’atelier dispose d’un bâtiment d’exposition et c’est ainsi que, parallèlement aux commandes, les menuisiers produisent des objets divers pour leur magasin. Il faut dire que les différentes formations en menuiserie et en maçonnerie favorisent l’urbanisation de la région, ce qui accroît la demande en châssis, portes et fenêtres.

« Mon métier de menuisier me rapporte en moyenne 30 dollars américains (USD) par semaine. Grâce à notre capital, ma femme a pu, elle aussi, se lancer dans le commerce. Elle vend de l’huile de palme. Nous nous sentons bien, nous ne manquons de rien. »

Les activités et services d’apprentissage d’un métier et de réinsertion, dont Wathum a bénéficiés, entrent dans le cadre d’un projet d’autonomisation communautaire et de consolidation de la paix (ACPI) mis en oeuvre depuis 2009 par le PNUD en Ituri avec un budget de 5 millions USD.

Le PNUD a formé et aidé près de 1 200 bénéficiaires à avoir un emploi pérenne, identifiant les filières porteuses au niveau local dans les domaines, entre autres, de l’agriculture, l’élevage et la menuiserie. Il soutient et conseille les autorités dans leur offre de formations et de débouchés économiques, favorisant ainsi l’appropriation nationale.

Grâce à son activité professionnelle et aux gains qu’il en tire, Wathum mène désormais une vie nettementplus stable ; il s’est fixé au village avec sa famille et ses revenus actuels lui permettent de scolariser ses enfants : « J’espère qu’avec une bonne éducation, ils trouveront du travail et pourront vivre convenablement, pas comme moi qui suis passé par les groupes armés ».

Disposant de revenus réguliers, Wathum a également accès à des crédits solidaires. « Avec mes collègues, nous nous regroupons et cela nous permet d’obtenir plus facilement un crédit. Nous achetons à présent plus facilement du carburant pour nos machines, des pièces de rechange et des clous. »

Leur force réside dans leur nombre. Si jamais l’un ne peut pas honorer sa part, le groupe va l’épauler et ils s’arrangent entre eux. Wathum en explique le principe : « on emprunte et on donne tout à une seule personne. Cela lui permet de disposer d’une certaine somme. La fois suivante, c’est un autre qui bénéficie de la totalité du prêt. À moi tout seul, on ne m’accorderait pas une telle somme –environ 200 USD. Grâce à cela, j’ai acheté un champ que je compte louer à des agriculteurs ». L’unité du groupe a permis d’aller encore plus loin puisque Wathum et ses collègues ont pu devenir, ensemble, propriétaires d’une moto !

Ce projet de réinsertion a non seulement mis le pied à l’étrier à ses bénéficiaires, ex-combattants et jeunes déscolarisés, mais il a également permis leur retour dans leur foyer et la scolarisation de leurs enfants. Sans compter que, souvent, grâce aux rentrées financières du ménage, leur partenaire a pu se lancer dans un petit commerce (par exemple la femme peut acheter des légumes ou revendre de l’essence en dégageant un bénéfice).

À retenir :

- Entre 1999-2004, de violents conflits ethniques ont opposé les communautés des Hema et des Lendu dans le district de l’Ituri dans la province Orientale, occasionnant ainsi de nombreux déplacés internes. Certains ne sont toujours pas retournés sur leurs terres.

- Les quelque 1 200 bénéficiaires du projet de réinsertion des ex-combattants ont appris un métier dans un centre d’apprentissage professionnel (CAP). Ils se regroupent ensuite et travaillent dans une maison d’apprentissage professionnel (MAP). Afin de soutenir ces jeunes qui débutent, le PNUD souhaite prévoir dans le futur une phase d’accompagnement post-formation.

- Le projet d’Autonomisation Communautaire et Consolidation de la Paix en Ituri (ACPI) vise le renforcement de la cohésion sociale, l’accès aux services sociaux de base et la relance économique locale. Ainsi, depuis 2009, 2 commissariats et 1 sous-commissariat de police ont été construits tout comme 3 marchés modernes, 3 centres de soins de santé primaires et 3 infrastructures sanitaires réhabilités au bénéfice de quelque 50 000 personnes.



 
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