A propos des OMD
Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont huit objectifs - à atteindre en 2015 – qui répondent aux défis les plus importants du monde. Les OMD découlent des actions et cibles contenues dans la Déclaration du Millénaire, adoptées par 189 nations et signées par 147 chefs d’Etat pendant le Sommet du Millénaire de septembre 2000.
Fixés pour l'année 2015, les OMD sont un ensemble d'objectifs qui ne pourront être atteints que si tous les acteurs s'impliquent de manière active. Les pays pauvres se sont engagés à mieux gouverner et à investir dans leurs populations par le biais de la santé et de l'éducation, les pays riches à les appuyer en utilisant les outils suivants: aide, allégement de la dette et commerce plus juste.
Les 8 OMD se divisent en 21 cibles quantifiables, et mesurées selon 60 indicateurs.
A ce jour, deux rapports nationaux sur les OMD ont été publiés en RD Congo, le premier en 2004 et le second, en 2010. Les principales informations du rapport 2010 sont résumées ci-dessous.
Revue de la situation des OMD en RDC (Septembre 2010)
Selon l’étude sur l’évaluation de la marche de la République démocratique du Congo (RDC) vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) menée en prévision du Sommet sur l’évaluation des OMD de septembre 2010, la RDC ne pourra pas réaliser tous les OMD à l’horizon 2015. Globalement, les progrès réalisés de 2000 à 2010, sont très timides. Il y a cependant lieu de noter que la stratégie congolaise de promotion de la croissance et de réduction de la pauvreté a été mise en place en 2006, soit six années après la signature du Pacte du Millénaire. Si l’on s’en tient à cet état de choses, on devrait logiquement repousser l’horizon temporel à 2021.
Eliminer l'extrême pauvreté et la faim
La grande majorité des populations congolaises est pauvre et cette pauvreté présente plusieurs facettes dont : la faiblesse du revenu, la non satisfaction des besoins alimentaires, l’incapacité d’accéder aux soins de santé et à la scolarisation, l’incapacité de se loger décemment, etc.
Les informations statistiques disponibles à date ne permettent pas d’appréhender, sur longue période, l’évolution de la pauvreté monétaire dans le pays. Cependant, elles montrent clairement une évolution critique du revenu par habitant qui a régressé de plus de 16,5% en terme réel entre 1995 et 2007, soit une baisse d’environ 1,4% chaque année sur cette période, alors que dans le même temps, la population croît chaque année à un rythme d’au moins de 2,8%. Au total, l’incidence de la pauvreté a été estimée à 71,3% en 2005, la part du 5ème la plus pauvre de la population dans la consommation nationale serait seulement de 7,8% et la profondeur de la pauvreté estimée au cours de la même année à 32,2%. De l’opinion des Congolais, il se dégage de façon générale que la pauvreté se serait aggravée entre 2001 et 2005 et qu’aucune tendance ne se dégage clairement pour les prochaines années.
S’agissant de la faim, la situation des Congolais est très précaire car l’apport en calorie aurait fortement baissé entre 1990 et 2001 et s’est traduit par l’augmentation de la proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport calorique qui est passée de 31% à 73% en 2001, et aucune amélioration sensible n’est envisagée pour les années à venir. Enfin, entre 1995 et 2007, la proportion d’enfant de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale modérée a augmentée pour passer de 21,4% à 31,4%.
Assurer une éducation primaire pour tous
Le secteur de l’éducation fait face à de nombreuses contraintes qui touchent à la fois l’offre, la demande et la performance interne et externe du système. Ce secteur semble avoir résisté par endroit à la crise. Aussi l’analyse de l’ensemble des indicateurs du secteur montre-t-elle une amélioration au cours des dix dernières années. Les taux de scolarisation dans le primaire (enfants de 6 à 11 ans) sont en amélioration constante. Entre 1995 et 2007, le taux net de scolarisation dans le primaire est passé de 56% à 61% et le taux d’achèvement du primaire (proportion des enfants commençant la première année d’étude dans le primaire et achevant la cinquième année) a presque doublé sur la même période en passant de 24% à 45%.
S’agissant de l’alphabétisation, son évolution montre une tendance générale à l’amélioration au niveau de tout le pays, avec une forte différence entre les hommes (85,8% en 2007) et les femmes (58,8% en 2007). Cette différence du niveau d’alphabétisation selon le sexe est plus accentuée entre le milieu rural et le milieu urbain.
Ces résultats encourageant obtenus dans le secteur de l’éducation, après une évolution à la baisse importante des indicateurs pendant un temps sont dus à l’appui de l’UNICEF à travers la campagne « Tous les enfants à l’école » qui a fortement contribuer à l’augmentation des effectifs scolaires quelque soit le sexe, ainsi que la mise à la disposition des écoles des KIT scolaires et pédagogiques, et la réhabilitation des infrastructures scolaires
Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
En dépit des avancées sur le plan juridique, la situation de la femme congolaise est loin d’être reluisante et son autonomisation reste très faible. Selon les résultats de l’enquête EDS de 2007, la proportion de femmes représentantes du peuple au Parlement et au Sénat est respectivement de 8,4% et 4,6%, loin de la parité (50%) prescrite par la Constitution de la république.
L’indice de parité filles/garçons dans l’enseignement semble avoir régressé entre 2005 et 2007 tant dans le primaire (0,87 à 0,80) que dans le secondaire (0,62 à 0,50). Les inégalités du genre sont encore plus marquées dans l’enseignement supérieur ou l’indice a été évalué en 2005 à 0,46. Par contre, le pourcentage de femmes salariées du secteur non agricole a connu une nette évolution en passant de 20,6% à 34,4% entre 2001 et 2007. L’indice de parité Femmes/hommes pour l’alphabétisation très en défaveur des femmes, n’a pas connu d’évolution entre 2001 et 2007 puisque qu’il est resté constant à 0,69.
Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
La mortalité des enfants, malgré une tendance sensible à la baisse entre 1995 et 2007, affiche encore des niveaux très élevés et place le pays dans la catégorie des états à forte mortalité infantile. En effet, selon les données issues des grandes enquêtes réalisées au plan national (MICS et EDS), le quotient de mortalité des enfants de moins d’un an est passé de 148‰ en 1995 à 98‰ en 2007 pendant que celui de mortalité infanto-juvénile (enfants de moins de 5 ans) est passé de 220‰ à 165‰, sur la même période.
La progression du taux de couverture vaccinale confirme cette évolution car le niveau de vaccination des enfants contre toutes les maladies cibles du Programme Elargi de Vaccination (PEV) serait passé de 23% en 2001 à 31% en 2007, très loin de la cible des 80%. Il est à noter une variation très sensible de cette couverture vaccinale selon le milieu de résidence, la province et le niveau d’instruction et le niveau de pauvreté. Tout ceci n’est que le résultat des multiples difficultés auxquelles le secteur de la santé doit faire face dans le pays dont entre autres, la carence majeur en personnel soignant, en équipement, en médicaments et en moyens de fonctionnement.
Améliorer la santé maternelle
Les données récentes concernant le taux de mortalité maternelle (EDS 2007) estiment la mortalité maternelle à 549 pour 100 000 naissances vivantes. Selon d’autres sources (avec des méthodes de calcul très différentes de l’EDS) ce quotient était, selon les mêmes critères, à 550 en 1990, à 870 en 1995, à 1837 en 1999 et à 1289 en 2001 (ASEF, 2003). Malgré ce niveau élevé de la mortalité maternelle, différentes études montrent un progrès significatif de la prise en charge médicale des grossesses, en liaison avec l’augmentation des consultations prénatales. En effet, de 56% en 1995 (données récoltées au PNSR), à 67,20% en 1998 (ELS), 68,2% en 2001 (MICS2), la proportion des femmes enceintes ayant fait des consultations prénatales est passée à 85,3% en 2007 (EDS), soit une augmentation de 17% entre 2001 et 2007. De même, l’écart qui était de 18% entre le milieu urbain et le milieu rural en 2001 (81% contre 63%) se serait réduit à 11% en 2007 (92% contre 81%). Toutefois, cette situation moyenne au niveau du pays cache d’énormes disparités entre les différentes provinces.
Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies
Les informations du Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) indiquent que la prévalence médiane pour l’ensemble des sites couverts lors de la dernière enquête de séroprévalence (2003- 2004) est estimée à 4,5%. En 2007, la prévalence mesurée auprès des femmes enceintes en consultation prénatale est estimée à 4,1%, affichant une légère baisse et une relative uniformité entre les milieux urbain et rural. Par contre, selon les données du PNLS, la proportion des personnes âgées de 15 –24 ans est passée de 13% en 1990 à 19% en 2005, indiquant un rajeunissement de l’infection. De même, on note une forte variation spatiale du taux de prévalence de la maladie, avec des niveaux plus élevés dans les provinces de l’Est, en comparaison avec celles de l’Ouest, suggérant un effet négatif des conflits sur la propagation du VIH/sida du fait principalement du recours systématique aux violences sexuelles par les combattants.
En ce qui concerne le paludisme, la situation du pays est caractérisée par une augmentation constante du taux de morbidité paludique. De plus, le taux de létalité du paludisme est passé de 0,78% en 1999 à 10,95% en 2005. Ce chiffre serait encore plus important si l’on incluait les cas d’automédication suite aux accès palustres. Ainsi, selon les statistiques sanitaires, le paludisme constitue la première cause de morbidité dans le pays avec près de dix épisodes par an et l’on estime qu’entre 150 et 250 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année du paludisme.
Assurer un environnement durable
La déforestation du territoire de la RDC aurait évoluée au rythme de 0,7% par an entre 1990 et 1995, et celui de reboisement de 0,3%, selon une étude de la Banque Africaine de Développement. Il en résulte donc un taux net de déforestation de 0,4 points par an. Le taux de couverture forestière était de 55% en 1990; ne représente plus que 52% en 2000 et en 2006 elle a été estimée à 44,62%, selon les autorités du Ministère en charge de l’environnement et la pression sur l’environnement est plus élevée dans les zones urbaines car près de 47% de la population congolaise sont concentrés sur seulement 10% du territoire.
En ce qui concerne l’accès à l’eau potable, les statistiques disponibles montrent que malgré les richesses en eau douce du pays, 28,5% de la population rurale et près de 85% de la population urbaine ont accès de façon durable à un site d’eau que l’on « pourrait qualifier de potable ». Selon une étude enquête réalisée en 2005, le taux d’accès à l’eau potable de la population congolaise a été estimé à 27,2%, contre un niveau avoisinant les 30% en 1990, montrant une régression de la desserte en eau potable déjà très insuffisante et inégalement répartie dans le pays.
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Dans le cadre du partenariat mondial pour le développement, la RDC bénéficie de l’Aide Publique au Développement (APD) qui a représenté respectivement 5,49% et 4,48% du Produit Intérieur Brut (apprécié en dollars) en 1990 et 1999. Elle s’est accrue après 2000 (40 % en 2005) et l’analyse des décaissements par donateurs, révèle que les interventions des partenaires multilatéraux proviennent à concurrence de 16,09% pour des agences du Système des Nations Unies (PNUD, de l’UNICEF et du PAM) et 56,65% pour les autres partenaires multilatéraux (Banque Mondiale, Union européenne, Etats-Unis d’Amérique, Pays- Bas, Grande Bretagne, Belgique et Canada). Au cours des années 2000 à 2005, les interventions des bailleurs de fonds ont été canalisées vers les institutions gouvernementales (68 %) et les ONG (26,4 %) alors qu’au cours des années 90, l’essentiel des interventions ont été canalisées à travers les ONG. Avec l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE en juillet 2010, la RDC a bénéficié de l’annulation de près de 90% de sa dette extérieure publique. Les sommes ainsi dégagées peuvent être utilisées dans la lutte contre le chômage des jeunes qui reste très préoccupant.