Forum Genre, gouvernance et environnement
Deux journées de réflexion-débat ont été organisées par le PNUD sur le thème « Environnement et Gouvernance mondiale : rôle d’avant-garde des femmes de l’Afrique centrale francophone » en marge du sommet de la Francophonie, avec l’appui du Centre Régional de Recherche et de Documentation sur les femmes, le Genre et la construction de la paix dans la région des Grands Lacs.
La prise en compte des questions du genre et de l'environnement est non seulement d'actualité mais également incontournable pour un développement durable. L'approche axée sur le genre permet de saisir combien les rôles socialement déterminés des hommes et des femmes ont des répercussions différentes sur les questions de vulnérabilité et de résilience face aux chocs sociaux, économiques ou écologiques.
Ce constat est d'autant plus pertinent en Afrique où, selon les statistiques, la pauvreté est d'abord rurale et touche en majorité les femmes dont l'activité principale est l'agriculture, qui est un domaine fortement dépendant des ressources naturelles, des conditions environnementales et du climat.
Selon le Rapport sur le développement humain 2007, le changement climatique est le problème critique du développement humain pour notre génération car il menace d'anéantir les efforts de lutte contre la pauvreté, je pense par exemple à l’accès à l’eau potable ou à la sécurité alimentaire, et les actions de développement. Ce rapport souligne également que l’inégalité entre les genres est encore plus perceptible face aux défis du changement climatique et accroit la vulnérabilité des personnes.
Les difficultés auxquelles font face les femmes pauvres pour accéder aux ressources, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises de décisions les rendent en effet vulnérables au changement climatique, ce qui accentue les inégalités déjà existantes, y compris l’inégalité entre les genres.
Dans nos pays, les femmes des zones rurales qui travaillent dans le secteur agricole sont les principales productrices des aliments de base. Ce secteur est très exposé aux problèmes dus aux sécheresses et à l’irrégularité des pluies. La production en énergie pour le ménage (bois, charbon de bois) accroît davantage leurs charges de travail.
Tout en soulignant la vulnérabilité des femmes pauvres face au changement climatique, il faut reconnaitre qu'elles jouent un rôle clé aux plans domestique et communautaire en vue de l’adaptation à l’évolution du climat et à l’atténuation de ses effets.
Ainsi tous les pays en développement s’accordent à reconnaître la maitrise des femmes dans la gestion des ressources naturelles, ce qui devrait leur permettre de contribuer positivement à l’élaboration de techniques efficaces d’adaptation et d’atténuation si l’occasion leur en était donnée.
Au fur et à mesure que le monde avance vers un nouvel accord global sur le changement climatique, il est donc crucial que les femmes participent à cet effort et que leurs perspectives soient représentées à part égale dans le débat.
A cet effet, le PNUD continuera d’appuyer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, notamment en facilitant la participation équitable des femmes aux processus de négociations sur le changement climatique afin de garantir que leurs besoins, perspectives et expériences soient dûment pris en compte. Le PNUD s’efforcera, en outre, d’attirer l’attention des décideurs et des représentants gouvernementaux sur les aspects de genre liés au changement climatique et il soutiendra les initiatives locales qui offrent des solutions concrètes comme l’élimination des déchets ou l’assainissement.
La Résolution 1325
Deux ans après l’adoption par le Gouvernement du Plan d’Action National pour l’application de la résolution 1325 en RDC (PAN 1325), une série d’activités ont été organisées du 29 au 31 octobre 2012 sous le haut patronage du Ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant - et avec l’appui du Système des Nations Unies, (Gender office de la MONUSCO, PNUD, ONUFEMMES, UNFPA, UNICEF, etc.) et d’autres partenaires dont le CPR 1325, WILPF/RDC, CAFCO et les partenaires bilatéraux et multilatéraux (Royaume-Uni, CORDAID, ICTJ, Canada, Belgique, Etats-Unis, Pays-Bas, Suède, Norvège, etc.), dans le cadre du Global Open Day.
Le PNUD (Unité Genre) a appuyé financièrement en synergie avec les autres agences UN la réalisation de cette activité afin de mesurer le chemin parcouru depuis l’adoption du PAN 1325, d’identifier et évaluer tous les obstacles à la pleine application dudit PAN 1325 et de déterminer les actions à diligenter pour y remédier.
Résultats :
- Le Comité de Pilotage est redynamisé ;
- Les expériences sont capitalisées par les participant(e)s ;
- Les ressources sont mobilisées auprès des bailleurs et partenaires au développement pour appuyer la mise en œuvre du Plan d’Action National pour l’application de la résolution 1325 en RDC.
Stratégie nationale de la planification et de la budgétisation sensible au Genre (BSG) au sein des institutions publiques et privées
Elle est dressée comme une contribution à la bonne gouvernance budgétaire et à la modernisation des services publics affectés à l’exercice du budget annuel de l’Etat en tenant compte des besoins différentiés des hommes, des femmes, filles et garçons de toutes les entités de la RDC, dans leur diversités. La Stratégie est composée à cet effet de deux parties, à savoir : (i) La Démarche d’analyse genre de la planification et de la budgétisation au sein des institutions publiques de la RDC et (ii) Le Cadre de mise en œuvre du processus d’élaboration, de préparation, d’exécution, du suivi et du contrôle du budget de l’Etat sensible au genre.
Ce document a été soumis aux Directeurs d’études et planifications des ministères sectoriels de la RDC à la validation technique.
Renforcement des capacités institutionnelles, humaines et organisationnelles pour la prise en compte et l’évaluation du genre dans les législations, politiques publiques, les structures et le vécu social
Les activités de renforcement des capacités de la société civile (27 ONG pour la première vague de micro-financement à travers le programme SGP («Small Grants» du Fonds pour l’Environnement Mondial via le PNUD) œuvrant dans le domaine de la protection de l'Environnement, en Province de l'Equateur notamment (dans des villages proches de Mbandaka, sur la route de Bikoro), contribuent beaucoup au renforcement des capacités des femmes (plus de 300 ménages couverts dans plusieurs villages dont Besenge, Baolongo, Bokala, Elanga, Ikenge, Bwala Ngome, Bowele et Bowulama) en matière de création d'activités compatibles avec la protection des forets, avec notamment des activités plus rentables financièrement que la production du charbon de bois : par exemple, comme alternative à l’activité de production de bois, les associations des femmes sont formées (par deux ONG bénéficiaires du programme SGP) à faire de la poterie et à utiliser des rameaux pour une production de nattes améliorées, facilement commercialisables à un meilleur prix pour elles; certaines ONGs bénéficiant de micro-financement du Programme SGP appuient ces femmes par le développement de coopératives pour l'écoulement de leurs produits.
En vue de faciliter l’accès des femmes de milieux très reculés, où les IMF (Institutions de Micro-Finance) sont inexistantes, à des microcrédits, 649 femmes et 239 hommes ont créé et adhéré au mécanisme de solidarité et d’entraide mutuelle pour l’autofinancement des activités économiques à travers les Mutuelles de Solidarité (MUSO). Autour de la conduite d’activités d’épargne et de crédit autogérées par les membres, les MUSO concourent au développement économique et à la cohésion sociale des participants. Ce mécanisme introduit depuis 10 ans par des ONG européennes et très populaire au Nord et Sud Kivu, a contribué à l’amélioration de la culture de paix et constitue une voie d’autonomisation et d’autopromotion pour les bénéficiaires après l’accompagnement au sein des CCP.
Appui à la professionnalisation et intégration du genre dans les actions de la société civile
Le Bureau a appuyé des interventions dans l’atteinte des OMD notamment :
Le renforcement des capacités en techniques de plaidoyer et entrepreneuriat local féminin dispensé depuis 2010 à 80 femmes représentantes des collectifs des associations féminines des 2 pilotes Entités Territoriales Décentralisées (ETD) Beni Mbau et Bwisha, a permis à plus ou moins 800 membres des plus de 200 associations féminines restructurées dans les ETD pilotes, de mener des plaidoyers auprès des différents partenaires dans la province du Nord-Kivu depuis 2010:
- Auprès de FAO dans le domaine de l’agriculture : les femmes membres des collectifs ont pu obtenir des semences améliorées de riz paddy et des légumes
- Auprès des autorités locales et du propriétaire terrien AGER à Beni Mbau, elles ont obtenu 3ha arables pour leurs champs communautaires
- Avec LWF dans le domaine de l’environnement : formation sur le foyer amélioré et vulgarisation de la technique
- Avec VECO, AGRISUD, SYDIP etc. dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, elles ont bénéficié aussi d’autres appui qui leur permettre de lutter contre la pauvreté tel la fabrication de l’engrais liquide, l’élevage de la race améliorée des chèvres à Beni Mbau ; acquisition de moulins et de chèvres à Bwisha.
En somme, l’accès des ces femmes à des grandes étendues de terre, à des semences et à des techniques culturales améliorées les ont rendues autonomes et capable de subvenir aux besoins de leurs familles.
Appui à la consolidation de la réceptivité du genre au sein du PNUD
Audit Genre du PNUD
Au terme de cette mission d’Audit en Genre, plusieurs défis ont été relevés au cours des échanges avec les différentes parties prenantes. Plusieurs recommandations ont été formulées. Cette situation a amené les participants à formuler les recommandations prioritaires suivantes :
- Mettre en place une stratégie de formation des personnels dans le but de les sensibiliser, et de renforcer leurs capacités pour la planification, la surveillance, l’élaboration de rapports et l’évaluation de programmes/projets ;
- Prendre des mesures de responsabilisation de toutes les unités en matière d’intégration du genre en mettant en place une équipe de points focaux en genre à titre rotationnel par an ;
- Mettre en place une stratégie de recrutement des femmes cadres supérieurs en adoptant des actions de discrimination positives.
Un Rapport de l’audit Genre est disponible ainsi qu’un Plan d’exécution des recommandations issues de cet exercice important .
Une équipe focale Genre est mise en place à travers une note circulaire signée par le Directeur Pays et est opérationnelle pour contribuer à renforcer l’effectivité de la prise en compte dans les différentes composantes programmatiques et opérationnelles du PNUD en RDC.