Forum de l'Agribusiness - Discours du Directeur Pays

23 mars 2015

« Vers une croissance inclusive : une nouvelle vision pour la transformation agricole en Afrique »
Mme Priya GAJRAJ, Directeur Pays du PNUD

Lundi 23 mars 2015, Kinshasa

Excellence Monsieur le Ministre de l’Agriculture,
Monsieur le Président de EMRC,
Madame la Directrice de la FAO,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;  
Distingués invités,

C’est avec grand plaisir que je prends la parole au nom du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de l’Agribusiness Forum 2015.  Le thème consacrée du Forum, « Vers une croissance inclusive : une nouvelle vision pour la transformation agricole en Afrique », traduit bien que la quête de l’émergence en Afrique dépend fondamentalement de l’agriculture.
Je voudrais saisir cette occasion pour féliciter le Gouvernement pour la vision qu’il a conférée à ce Forum, mais aussi aux organisateurs notamment la FAO et  le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), pour leur engagement dans la concrétisation de ce projet.   

Excellences, Distingués invités,

Au niveau global, la demande de produits agricoles est censée doubler lorsque la population mondiale atteindra 9,1 milliards en 2050.  L’Afrique est donc en passe de devenir un continent stratégique pour l’industrie agro-alimentaire mondiale, avec 60% des terres non cultivées au monde.  La République Démocratique du Congo est bien placée grâce à son potentiel agricole, avec suffisamment de terres arables, ressources en eau, et main d’œuvre pour répondre à la demande mondiale.

Depuis quelques années, le Gouvernement de la RDC s’est investi à faire de l’agriculture un secteur clé de son développement. Cet engagement ressort clairement de la Stratégie sectorielle de l’Agriculture et du Développement Rural (SSADR) et du Plan National d’Investissement de l’Agriculture (PNIA), qui incite à un engagement afin de réduire la pauvreté et contribuer à la sécurité alimentaire.  Les actions ont aussi suivi. L’exemple le plus récent est le lancement du premier parc agroindustriel de Bukanga Lonzo par le Gouvernement congolais.  Le début de la première récolte de maïs contribue déjà à la sécurité alimentaire des populations congolaises.

En dépit des efforts engagés, la situation alimentaire reste cependant préoccupante en RDC.  Pour 2014, le « cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire » produit  par la FAO et d’autres intervenants, indique que « le nombre de personnes en crise alimentaire et de moyens d’existence aiguë (phases 3 et 4) est estimé à 6,5 millions de personnes dans les zones qui ont été classifiées ».  Il est donc clair que  la production locale n’arrive pas encore à nourrir l’ensemble de la population.  Les importations de biens alimentaires sont estimées à plus de 1,5 milliard de dollars par an en RDC. Cette situation doit interpeler non seulement le Gouvernement mais également le secteur privé et tous les intervenants du secteur agroalimentaire.  

Organiser ce Forum en RDC est donc important pour l’agriculture congolaise qui recherche à combler son déficit alimentaire ainsi que de mettre en valeur ses 80 millions d’hectares de terres arables, avec des modèles qui soutiennent l’emploi et des revenus décents. La priorité des autorités congolaises est également de veiller au contrôle de l’alimentation des populations; donner accès à une alimentation saine et créer les conditions pour que l’agriculture contribue à la sécurité alimentaire.

Excellences, Distingués invités,

Le PNUD est présent aujourd’hui pour réitérer son engagement constant, aux cotes du Gouvernement et des partenaires, pour promouvoir l’agrobusiness et  le développement durable en RDC.

Sur cette base, mon premier message est le suivant : Pour gagner le combat contre la pauvreté et la faim, il faut favoriser l’accès aux marchés et à la valeur ajoutée des productions agricoles par le développement de l’agrobusiness.

En termes concrets, cela passe par la mise en place de politiques favorables ; et l’encadrement des paysans à l’amélioration de leur production et au développement de modèles d’affaires susceptibles de valoriser cette production sur le marché.  

L’agriculture reste l’activité principale de millions de populations rurales et urbaines en Afrique. En RDC, ce secteur occupe près de 80% de la population. Bien que la  contribution des paysans au développement du pays soit fondamentale, de nombreuses contraintes entravent leurs efforts, notamment  de faibles rendements au niveau des champs ; l’absence de semences de qualité ou d’engrais ; et le manque d’équipements de transformation ou d’infrastructures adéquates d’écoulement de leur production.

L’accès au marché et l’agrobusiness sont donc une opportunité afin de s’engager vers une vision commune dans le domaine agricole, avec un impact réel sur la qualité de vie des populations rurales et du développement durable.

Mon second message est donc le suivant: L’accès au financement en faveur des fermiers et d’autres acteurs permettra de soutenir les chaînes de valeurs agricoles ; et de les rendre plus rentables et ambitieuses.  La production agricole congolaise pourra ainsi nourrir la population à un prix abordable et en garantissant la qualité sanitaire.  

Concrètement, il s’agit d’aider les fermiers, les transporteurs, les fournisseurs d’équipements; et de développer des mécanismes novateurs pour faciliter le financement des plans d’affaires de ces intervenants.

Les chaînes de valeurs agricoles impliquent aussi la mise en place de mécanismes de garanties, de location-vente d’équipement, et de crédits à taux préférentiel.  À cet égard, je me réjouis de voir aujourd’hui, des banquiers de l’agriculture, des représentants de fonds de garantie, et d’autres acteurs du secteur privé.

Excellence Monsieur le Président, Distingués invités,
Ce Forum Agribusiness etablit le lien entre les différents intervenants de la filière agroalimentaire qui pourront ainsi consolider leurs relations et créer de nouvelles opportunités de partenariat avec les micro, petites et moyennes entreprises. Le fait de regrouper ici à Kinshasa, de petits producteurs ruraux, de grands acheteurs, des fournisseurs d’équipements, et des structures de financement, facilitera leur rapprochement et la mise en place de partenariats.

Notre souhait est de voir ce Forum déboucher sur une Déclaration d’engagement forte et concrète de tous les participants.  « L’après Agribusiness Forum » doit être construit maintenant à travers un programme facilitant l’accès aux marchés des petits producteurs africains, le développement de modèles d’affaires favorables à la création d’emploi et de revenus, et la mise en place de politiques adéquates. En effet, les agriculteurs, la RDC et l’Afrique ont la volonté et les capacités de contribuer à la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté dans le cadre de l’émergence du continent.

Je vous remercie.