Rencontre avec le secteur privé sur le projet « Appui aux Communautés Rurales » et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE)

11 juil. 2014

Allocution prononcée par Monsieur Michel Balima - Directeur Pays a.i. du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Excellence Monsieur le Ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement;

Mesdames et Messieurs les Représentants des entreprises commerciales du secteur privé, en vos titres et qualités;

Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de prendre la parole, ce matin, au nom du Programme des Nations Unies pour le développement, à l’occasion de cette rencontre d’échanges  et d’expériences sur le Projet « Appui aux communautés rurales » et sur la Responsabilité Sociale des Entreprises, en RDC.

La  présence  de son Excellence Monsieur le Ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises, et des représentants d’entreprises commerciales du secteur privé démontre l’intérêt et l’importance que nous accordons tous à l’amélioration des conditions des vies des populations rurales congolaises.

En effet, nous savons que les populations rurales de la RDC vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Les efforts doivent donc être conjugués entre  partenaires de divers horizons, chacun dans son secteur, pour lutter contre la pauvreté et aider ces populations vulnérables, trop souvent oubliées, à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires : l’alimentation, la santé, l’éducation et le logement. Le PNUD s’est engagé dans cette voie depuis plusieurs années, déjà,  et appuie le Gouvernement de la RDC dans ce sens.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Depuis 2012, le PNUD a lancé un dialogue constructif avec le secteur privé afin d’examiner ce qui pouvait être réalisé sur le terrain et quel type de contribution le secteur privé peut apporter pour réduire la pauvreté et accroître le développement humain durable.

Je constate avec joie qu’à partir du dernier trimestre de l’année 2013, deux entreprises commerciales (Airtel et Rawbank), se sont jointes au PNUD pour lancer une initiative conjointe dans la province du Sud-Kivu intitulée « Appui aux communautés rurales ». Le choix de cette province a été guidé, notamment par les besoins réels des communautés locales et l’expertise que le PNUD a accumulée dans cette région.

À ce jour, ce projet conjoint a permis de :

rapprocher les services financiers et les populations appauvries par plusieurs décennies de guerres ;

de créer des emplois pour les jeunes dans un contexte où malheureusement, ils étaient facilement recrutés par des forces négatives ;

de poser les  bases d’une réelle cohésion sociale dans une zone longtemps meurtrie par des conflits.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Je salue fortement l’initiative et l’engagement de ces deux entreprises Airtel et Rawbank.

J’encourage d’autres entrepreneurs ici présents à suivre cet exemple car il s’agit aussi de la Responsabilité sociale des Entreprises qui est non seulement une démarche volontaire mais aussi une exigence pour les entreprises privées de participer au développement humain durable des communautés dans lesquelles elles appartiennent.

Cette initiative s’inscrit plus largement dans le « Global Compact » ou « Pacte mondial » lancé par les Nations Unies en 2000 pour encourager les entreprises privées du monde entier à adopter une attitude socialement responsable en intégrant les droits humains, les normes internationales du travail, la lutte contre la corruption et la protection de l’environnement.

Le Pacte mondial vise aussi à impliquer le secteur privé dans le renforcement de paix au sein des communautés, surtout celles qui vivent des situations post-conflit comme c’est le cas en RDC.

Concrètement, le projet « Appui aux communautés rurales » de Walungu, donnera l’occasion à ces populations d’accéder à de nouvelles compétences, grâce à des formations sur la gestion de la micro-entreprise et la mise à disposition d’un cyberespace pour l’information,
grâce aussi à un accès au crédit via le guichet d’une institution de microfinance partenaire à Walungu.

Près de 200 micro-entrepreneurs sont ciblés et seront accompagnés pendant cette année par cette institution de microfinance. Objectifs en vue de ce partenariat stratégique et concerté avec les communautés rurales : plus de revenus, plus d’emplois, plus de capacités entrepreneuriales et plus de développement humain durable.

Je reprends ici les propos de Mme Helen Clark , Administrateur du PNUD, lors de son allocution au secteur privé en Chine en 2012 qui disaient, je cite :

« Le PNUD  travaille avec le secteur privé à travers des approches qui prônent des synergies entre la croissance économique, le développement social et la pérennité environnementale. Cette approche accorde une attention particulière à l’inclusion et à l’égalité avec une emphase sur le Genre.

De plus, le PNUD  travaille avec le secteur privé pour renforcer la résilience et la prévention des conflits sociaux, financiers et des crises économiques, de dégradation environnemental et les désastres naturels. » Fin de citation.

Voilà pourquoi le PNUD veut multiplier ces plates-formes de discussion et d’échanges pour encourager le secteur privé à s’engager à plus d’actions, à plus de responsabilité sociale et  à développer des modèles d’affaires inclusifs qui tiennent compte des populations pauvres, rurales et marginalisés.

Je crois fermement que la RDC a besoin du secteur privé pour poursuivre son développement.

Le PNUD est donc disposé à poursuivre ces réflexions et à affiner les stratégies en faveur des communautés rurales. Cela nous permettra aussi de dupliquer ensemble cette première expérience de Walungu dans d’autres zones du pays, qui vivent dans les mêmes besoins. 

Dans cette perspective, le PNUD ne ménagera aucun effort pour continuer le dialogue afin d’aboutir à la consolidation du Pacte mondial dont il est  partie prenante.

Que Vive la République Démocratique du Congo,

Que vive la coopération internationale.

Je vous remercie.