Allocution de Monsieur le Représentant Résident du PNUD lors de la réunion élargie "New Deal"

30 août 2013

imageUn fabricant de briques en Province Orientale. Crédit: Gwenn Dubourthoumieu, PNUD, 2009.

Excellence Monsieur le Ministre du Plan et Suivi de la mise en œuvre de la Révolution de la modernité,

Excellence Madame la Ministre des Finances de Timor Leste et Présidente du G7+,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Membres du Corps diplomatique,

Chers collègues du Groupe de Concertation des Partenaires,

Mesdames et Messieurs les membres des Organisations de la Société Civile,

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,


C’est avec un réel plaisir que je prends la parole, au nom du Groupe de Coordination des Partenaires en RD Congo, le GCP, à cette rencontre d’échanges sur la problématique du New Deal pour l’engagement international dans les Etats Fragiles.
Je voudrais partager avec vous 3 messages fort.

Mon premier message est celui-ci : le New Deal est un nouveau mode d’engagement des pays riches vis-à-vis des Etats fragiles, une nouvelle architecture du développement.

Concrètement, cela signifie qu’il faut identifier les causes de la fragilité propre à chaque pays, qu’il s’agisse de chocs sur les marchés mondiaux, de conflits internes et/ou externes,  ou encore de brusques changements climatiques.

Ensuite, il faut mettre en place un mécanisme d’aide au développement DURABLE adapté au contexte du pays et à ses défis pour soutenir la capacité de résilience économique et sociale des populations avec en ligne de mire le renforcement de l’Etat et la consolidation de la paix nationale et régionale.

Tout ceci peut sembler bien théorique mais au contraire, le New Deal est aussi une feuille de route avec 5 objectifs clairs,  dotée d’indicateurs mesurables, qui sont:

La légitimité politique encourageant les accords politiques inclusifs et la résolution des conflits; la sécurité des personnes; la justice, la création d’emplois et l’amélioration des moyens de subsistance ainsi que la bonne gestion des revenus, des ressources naturelle et, humaines.

La RDC a été, avec la Sierra Leone, le Liberia, le Sud Soudan, la Somalie et la République Centrafricaine, l’un des premiers Etats africains à s’engager comme pays pilote pour la mise en œuvre du New Deal.

Le New Deal est donc un processus ambitieux, exigeant et innovant. Une révolution qui invite les pays développés et en développement, les secteurs privé et publics, les média, la société civile, les ONG, les partenaires, les bailleurs et les citoyens à travailler ensemble autrement.

A travailler en phase avec le contexte local, national, régional pour que les populations puissent s’approprier LEUR développement plutôt que de se voir imposer d’en haut un modèle de solution technocratique et uniforme sans grands résultats, comme le confirme le fait que les pays les plus démunis et vulnérables sont ceux qui n’ont pas encore atteint pleinement un seul des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

Mon second message est le suivant : Il y a urgence à aider les pays fragiles à progresser vers l’Etat-nation consolidé, réconcilié et pacifié.

Le New deal doit nous inciter à être créatifs ! Le développement durable et la stabilisation politique doivent se construire sur le dialogue multilatéral au sein du pays fragile mais également avec les partenaires internationaux ; ils doivent se bâtir aussi sur la confiance mutuelle, les échanges d’expériences, d’expertise et les leçons apprises.

Il faut capitaliser sur le renforcement des capacités des forces vives de la nation,  l’autonomisation des femmes, des jeunes, des groupes marginalisés en tant qu’acteurs clés pour la paix  et pour le renforcement de l’autorité de l’Etat-nation.

En RDC, ce travail ainsi entrepris s’est poursuivi avec un examen approfondi de ces 5 Objectifs dans le cadre des consultations nationales pour l’élaboration de l’agenda pour le développement post-2015 dont l’exercice vient d’être bouclé.

Ces consultations ont instauré un  dialogue citoyen constructif entre les différents acteurs de la vie socioéconomique du pays et au cours desquelles, de sérieuses options de développement à long terme ont été levées et partagées avec les Gouvernants.

Partout sur cette planète, les populations n’aspirent qu’à la paix. Or, sans paix, il n’y a pas de développement durable. C’est donc notre devoir de contribuer intensément à ces efforts de re-construction et de réconciliation nationale. Tous les moyens sont à notre portée, y compris la volonté politique.

Et voici mon troisième message :  L’Accord-cadre d’Addis Abeba est une occasion de mettre en œuvre l’esprit du partenariat de Busan et les exigences du New deal ainsi que sa vision holistique du développement et de la consolidation de la paix.

En effet, cet Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la région, adopté et signé le 26 février dernier, engage le Gouvernement du Congo à, entre autres,  continuer et approfondit la réforme du secteur de la sécurité, en particulier l’armée et la police ; à consolider l’autorité de l’Etat, en particulier dans l’Est de la RDC, y compris en empêchant les groupes armés de déstabiliser les pays voisins ; à promouvoir le développement économique, la fourniture des services sociaux, la réforme des finances, la réconciliation nationale et la tolérance.

Cet accord engage également la région à, notamment,  ne pas s’ingérer dans les affaires intérieurs des pays voisins, à respecter l’intégrité territoriale des Etats voisins, à ne pas tolérer ni fournir une assistance ou soutien quelconque à des groupes armés.

La communauté internationale s’implique aussi, notamment, en appuyant la mise en œuvre des protocoles et des projets prioritaires du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs.

 

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,

Nous le savons, l’établissement ou le rétablissement d’Etats pacifiques, acteurs de leur propre développement, nécessite des efforts à long terme et des approches progressives.

Le New deal est dans sa période d’essai avec 7 pays pilote, dont la RDC. Les récents événements survenus à Goma pourraient nous faire douter de la pertinence du New deal tant les armes semblent vouloir dominer toutes les tentatives de dialogue et menacer les populations civiles.

Bien au contraire, le New deal a toute sa raison d’être en RDC et dans la région. La poursuite des affrontements  ne mènera qu’à la destruction, à l’appauvrissement et à la mort. La paix et la réconciliation, permettront enfin d’instaurer une vraie stabilité régionale porteuse de progrès pour tous.

C’est dans ce contexte que les Nations Unies avec à sa tête le Secrétaire Général Ban Ki-Moon, et son Représentant Spécial en RDC, Martin Kobler,  la MONUSCO, le Système des Nations Unies, le G7+ et tous les partenaires actifs en RDC continueront d’oeuvrer sans relâche.

Je vous remercie pour votre attention.