Plaidoyer et formation, essentiels dans la lutte contre le VIH Sida

16 août 2017

Analyse des tests lors d'une séance de dépistage VIH nocturne gratuite à Matadi. Crédit photo: PNUD RDC / Aude Rossignol / 2016

En République Démocratique du Congo, l’épidémie du VIH/Sida connaît une prévalence dans la population générale de 1,2%. Le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à 420.000 dont 60.000 enfants de moins de 15 ans et 210.000 femmes.  Pour les femmes enceintes, le taux de prévalence est de 1,8% selon les services de consultation prénatale. Les femmes sont trois fois plus infectées par le VIH (1,6%) comparativement aux hommes (0,6%). Plusieurs facteurs de vulnérabilité chez les femmes peuvent expliquer cet écart, notamment la précocité des premiers rapports sexuels.

Conscient des enjeux, le Point Focal Pays VIH et Droits Humains du Ministère de la Justice a organisé ce mercredi 16 août à Kinshasa une journée d’information et de mobilisation sur la santé sexuelle et reproductive, le VIH et les Droits Humains. Cette activité vise à contribuer à la réponse nationale de lutte contre le VIH/Sida en RDC à travers la sensibilisation.

Appuyée par le PNUD, cette journée avait pour objectif le partage d’expériences, des bonnes pratiques, et d’information sur les aspects du Genre, santé sexuelle et reproductive ainsi que les questions des populations clés à la riposte au VIH. La formation centrée sur la promotion des droits humains dans la riposte au VIH/Sida a été organisée en faveur des magistrats et avocats.

Les droits humains centraux dans la lutte contre le VIH

La question des droits humains est en effet primordiale: la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/Sida, PvVIH en sigle, constitue l’une de principales raisons de la non évolution quant à la lutte contre le VIH en RDC, particulièrement contre les femmes qui sont porteuses de ce virus, selon le Point Focal Pays VIH du Ministère de la Justice.

Plusieurs cas de cette féminisation du VIH ainsi que d’une forte discrimination ont été rapportés au travers des témoignages des PvVIH  invitées à la rencontre.

Ces femmes ont toutes été victimes de stigmatisation et de discrimination dans leur entourage. Que ce soit le cas des veuves, enfants nés contaminés, de couple discordant, etc.

Autour d’une table, beaucoup ont exposé leurs préoccupations et leurs expériences, pour aboutir sur une proposition de recommandation émanant des participants.

Il a donc été proposé et retenu comme recommandations pour la promotion des droits humains des PvVIH :

  • Mise en place d’une cellule spécifique de prise en charge auprès de chaque juridiction ;
  • Multiplier les plaidoyers ;
  •  Vulgariser la Loi sur les personnes vivant avec le VIH ;
  • Saisir le Ministère de la Justice pour le suivi des dossiers des cas qui ont été rapportés dans les différents témoignages.

 

Murielle Ngondombo

Stagiaire/Communication