Forum National des Ministres provinciaux: la nécessité de l'implication des femmes dans la gestion

18 juil. 2017

Vue des participants au 3ème Forum national des Ministres et Chefs de division du Genre, crédit photo Carlos Ngeleka

La troisième édition du Forum national des Ministres provinciaux et Chefs de Division du genre s’est clôturée le weekend dernier sur une note positive. Tous les participants sont unanimes sur la nécessité d’intégrer les femmes dans la gestion publique pour assurer un développement durable de la RDC. Ces assises ont permis de mettre autour d’une table près d’une centaine d’acteurs de changement dont 26 ministres et une cinquantaine des Chefs de division du Genre pour identifier des pistes de solution visant l’interaction entre diverses structures.

 Pendant 3 jours et dans un dialogue franc, les participants ont passé en revue des questions liées à la mise en œuvre des lois, des politiques et stratégies consacrant la parité en RDC, les élections et la situation humanitaire critique causée par des conflits armés. Ils ont en outre analysé les différents mécanismes de coordination d’actions pouvant assurer un plaidoyer de haut niveau sur la prise en compte du genre dans tous les domaines de la vie. Car d’après le constant fait, bien que la parité soit consacrée dans la Constitution de la RDC, la réalité sur terrain est toute autre. D’où la nécessité d’élaborer une feuille de route commune sur les questions du genre en ressortant les priorités communes, au niveau national et provincial.

 Organisées par le Ministère du Genre, Famille et Enfant en collaboration avec le PNUD l’ONUFEMMES, et l’UNFPA ces assises ont permis aux ministres du Genre et aux Chefs de division et autres administratifs de renforcer leurs capacités dans plusieurs domaines. Il s’agit entre autres des droits humains et l’égalité Homme – Femme ; des enjeux électoraux en vue d’une représentation significative des femmes dans la sphère de décision au niveau provincial et national; de l’autonomisation économique et épanouissement social  et de la maîtrise des techniques de communication et de plaidoyer.

 Pour Mme Awa Seck, Représentante de l’ONUFEMMES en RDC, prenant la parole au nom du Système des Nations Unies, « le 3ème Forum souligne la détermination et la volonté des autorités congolaises de placer la question du genre et la promotion des femmes au cœur de leurs actions. Le contexte particulier de crise humanitaire au Kasaï et à l’Est soulève des grands défis qu’il faudra relever. Sur le plan sécuritaire, les femmes et les jeunes filles continuent à être victimes des violences sexuelles, dans le domaine social, elles sont victimes de la précarité et de la pauvreté. Sur le plan électoral, les femmes ne sont pas représentées et risquent de ne pas être présentes dans les institutions de prise de décision. C’est  ici l’occasion de solliciter l’implication de toutes les divisions du pays afin d’encourager l’enrôlement massif de femmes mais aussi leur participation au processus en tant que candidates».

 Rappelons ici  que le PNUD et l’ONUFEMME travaillent aux côtés des autorités congolaises et de la Société civile dans la révision de lois sur les partis politiques et sur les élections afin que la femme soit suffisamment représentée dans la sphère de prise des décisions.

Madame Chantal Safu, Ministre National du Genre, Famille et enfant a pour sa part  rappelé les avancées significatives enregistrées en RDC an matière de la promotion  et de l’autonomisation de la femme. A savoir la consécration de la parité dans la Constitution de la RDC, la lutte acharnée qu’à mener le Gouvernement contre les violences sexuelles, la révision du code de la famille, l’élaboration et l’adoption des lois et stratégies sur les violences sexuelles etc.

A l’issue de ces travaux les participants ont recommandé que la communication interne et externe soit améliorée au sein du Ministère du Genre, Famille et enfant mais aussi auprès des partenaires techniques et financiers afin d’assurer une coordination efficace des actions à mener pour la promotion du genre à tous les niveaux. Ils ont ainsi exhorté le Ministère à créer et alimenter un site internet qui servirait de vitrine de toutes ses activités mais aussi de source d’information à tous les acteurs du changement.

 

Clarisse Museme