Lydie, de l’ombre à la lumière. Une histoire d’espérance

9 déc. 2016

Les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre peuvent compter sur le soutien psychologique des médecins travaillant dans les structures médicales de prise en charge. Une dimension humaine vitale pour les survivantes. Crédit photo: PNUD RDC / Aude Rossignol

Komanda, Ituri. A une heure trente de route de Bunia. Dans les bureaux du directeur de l’hôpital de référence local, une jeune femme s’entretien avec le docteur Guy, un bébé bien emmailloté sur les genoux. Lydie a 22 ans et  vient d’obtenir son diplôme d’état avec l’appui du médecin. Originaire de Geti, en Ituri, cette jeune déplacée de 22 ans a bénéficié du soutien du programme Tupinge Ubakaji « Luttons contre les violences faites aux femmes », sans lequel elle aurait abandonné ses études. Responsable de ses jeunes frères et sœurs sous sa responsabilité depuis le déplacement, Lydie a repris le courage d’étudier en démarrant une activité génératrice de revenus (AGR) qui lui a permis d’acheter deux chèvres et de commencer un commerce d’huile de palme. Grâce au petit commerce, elle subvient aux besoins de sa fratrie et peut poursuivre ses études sereinement. La réinsertion scolaire a eu également un impact social positif : « Depuis que j’ai repris l’école, je me suis ouverte aux autres et cela m’a aidé à sortir de l’isolement » témoigne Lydie.

La difficile trajectoire de vie de la jeune femme a pris un tournant heureux lorsqu’elle a croisé le chemin du Docteur Guy. Celui-ci travaille depuis 4 ans à l’hôpital général de référence de Komanda en Ituri, Arrivé en 2012 comme médecin traitant, il occupe actuellement le poste de directeur. L’hôpital accueille de nombreux déplacés du Nord Kivu et du Sud Irumu, en Ituri, ayant fui les violences, comme Lydie. La jeune femme a quitté son village de Geti (située à 80 KM de Komanda) à la suite des incursions répétées des miliciens du Front de Résistance Patriotique de l'Ituri qui pillent et violent les femmes dans cette zone. Victime d’abus par un groupe des miliciens, Lydie a été transférée à l’Hôpital de Komanda où elle a pris connaissance de sa grossesse, non désirée. A ce moment-là désespérée, Lydie lors d’une consultation a pu se confier au docteur Guy et compter sur son appui. Avec patience, le médecin a pris le temps de l’écoute et du conseil. « Je lui ai expliqué que nous pouvions la prendre en charge médicalement, ainsi que son bébé mais que l’interruption de grossesse qu’elle nous demandait était interdite par la loi. Comme Lydie est chrétienne j’ai utilisé la parole de Dieu pour instaurer le dialogue avec elle et nous avons beaucoup parlé. Elle a finalement décidé de garder son bébé ». Lydie a pu mener sa grossesse à terme dans de bonnes conditions avec l’appui du personnel de l’hôpital. Sa fille Prunelle est née en bonne santé en juin dernier.

« Le cas de Lydie n’est pas isolé. Beaucoup de victimes se cachent car elles ont honte de ce qui leur est arrivé. Deux cas par mois de viol sont référencés à l’hôpital de Komanda. Nous avons un travail de sensibilisation énorme à faire. Le poids de la culture influence souvent négativement le comportement des victimes. Si la famille apprend que tu as été violée, on ne te mariera pas. » rapporte le docteur Guy.

Des études pour reprendre goût à la vie

Pendant sa grossesse,  Lydie a exprimé son envie de retourner à l’école et de décrocher son diplôme d’état. Le docteur Guy a alors référé son cas au PNUD pour obtenir le soutien nécessaire dans le cadre du Programme Tupinge Ubakaji financé par le Canada. Lydie a pu reprendre ses études, heureuse d’avoir pris une revanche sur la vie. Le PNUD l’a également aidée dans le démarrage de l’activité génératrice de revenus.  

La prise en charge de victimes de violences sexuelles mineures, désireuses de reprendre leur cursus scolaire, fait partie du programme Tupinge Ubakaji. A travers sa Composante de Réinsertion socioéconomique, le PNUD sensibilise la victime, les parents et les responsables scolaires pour le retour de l’enfant à l’école après les incidents. Il prend en charge les frais de scolarisation de la victime (frais et fournitures scolaires) et remet un kit AGR au parent pour lui permettre de poursuivre la scolarisation de l’enfant après l’appui du projet.

Aujourd’hui docteur Guy est toujours aux côtés de Lydie qui se rend souvent à l’hôpital pour le saluer. Il l’aide dans la réflexion sur les choix de vie, sur le type d’études à entreprendre et sur l’apprentissage d’un petit métier pour devenir autonome. Lydie se prépare à suivre une formation en informatique et qui sait peut-être un jour, entreprendre des études de médecine, son souhait le plus profond.

En attendant, Lydie a été choisie comme secrétaire de la Mutuelle de solidarité mise en place par un groupe des bénéficiaires du projet Tupinge Ubakaji à Komanda pour assurer l’épargne, le crédit et l’assistance entre les membres.

 « Je remercie le Gouvernement du Canada et son soutien pour que des personnes comme Lydie puissent reprendre goût à la vie malgré les épreuves. Je remercie Lydie pour sa flexibilité. Elle a réussi et nous en sommes fiers. Elle a accepté son enfant et s’en occupe bien. Je vais continuer à veiller sur elle »

« A l’hôpital de Komanda, nous souhaitons désormais renforcer la collaboration avec le PNUD et référer à ses partenaires locaux les victimes pour leur prise en charge en réinsertion socio économique ».  

Le Programme Tupinge Ubakaji est un programme conjoint de lutte contre l’impunité, d’appui aux victimes des violences sexuelles et basées sur le genre, et d’autonomisation des femmes à l’Est de la RDC. Exécuté par 4 agences des Nations-Unies (le PNUD, UNFPA, UNESCO, le BCNUDH) sous la tutelle du Ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, il est mis en œuvre en Ituri, au Nord-Kivu et Sud-Kivu. Il est en outre financé par le Gouvernement Canadien à travers le Ministère des Affaires mondiales à hauteur de 18 millions $ CAD de 2013 à 2018.

Aude Rossignol

 

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