Redynamisation socio-économique du Sud-Ubangi: la population témoigne

11 sept. 2016

Travaux à haute intensité de main d'oeuvre: une possibilité de constituer une épargne pour les populations affectées par les conflits

Suite aux conflits fonciers survenus en 2009 entre les communautés d’Enyele et de Munzaya, la province du Sud-Ubangi a connu le déplacement de plus de 200 000 personnes qui se sont mis à l’abri des violences. Le retour progressif de ces déplacés pose un défi énorme pour la résilience et la consolidation de la paix.

En effet les causes du conflit, notamment la pauvreté, ne sont pas toujours résolus. Dans cette perspective, le PNUD et ses partenaires ont mis en œuvre le projet de « Réponse rapide pour la stabilisation et la réintégration en faveur des communautés de Sud Ubangi affectées par les conflits ». Celui-ci promeut la réinsertion socioéconomique des vulnérables de cette zone en mettant en œuvre l’approche intitulée « 3x6 ». Cette méthodologie innovante crée des moyens de subsistance durable en faveur des groupes vulnérables affectés par des conflits, tout en renforçant la cohésion des communautés face aux impacts négatifs des conflits.

L’approche 3x6 se compose de trois étapes : la première stimule le dialogue et la réconciliation parmi les communautés. La deuxième génère des revenus immédiats pour les bénéficiaires grâce aux travaux à haute intensité de main d’œuvre. Au Sud-Ubangi, il s’agit de la réhabilitation des routes pour désenclaver les communautés de la zone. La troisième étape encourage les bénéficiaires à se regrouper en association et à travailler ensemble. Ils reçoivent un capital pour la création d’associations génératrices de revenus (AGR), créées grâce aux épargnes réalisées lors de la phase précédante. 

Anita Nyamumbete-Bokenge habite le Sud-Ubangi. Adolescente, elle a décidé d’arrêter ses études. Elle venait en effet de tomber enceinte et son enfant allait demander toute son attention. Anita a été victime de la violence du Sud-Ubangi : membre du groupement Lobala-Bomboli où se trouve le village de Munzaya, l’épicentre du conflit, elle a dû fuir en 2009. En 2016, lors des sensibilisations organisées par le PNUD elle a décidé de participer aux travaux de réhabilitation des routes. Lors des sessions d’orientation, ses qualités de leader ont été évidentes et elle a été choisie comme l’une des 10 chefs d’équipe parmi 275 bénéficiaires. Anita est alors devenue un symbole de succès pour les femmes, le rôle de chef étant une opportunité traditionnellement monopolisée par les hommes. Deppuis, son équipe est une des plus performantes et la qualité des travaux de préparation du terrain, terrassement et drainage sont très appréciés. Elle a profité de son salaire pour payer les frais scolaires de ses 5 enfants. Anita a ensuite décidé d’adhérer à une association d’élevage appellée « Kimia », « La Paix ».

Le travail rapproche les communautés

Les pygmées du bassin de la rivière Ubangi dépendent des ressources de la forêt. Les produits forestiers collectéss via la chasse et la pâche garantissent leur survie. Mais le mode de vie des pygmées est en train de changer.  La pression démographique sur les ressources naturelles les oblige peu à peu à s’adapter aux nouvelles conditions environnementales, et cela constittue une étape difficile. Mme Ngoko-Mosamba est  pygmée, témoin de ce changement en marche. Son âge avancé ne lui a pas permis de travailler à la réhabilitation des routes avec les autres bénéficiaires mais son fils l’a remplacée sur les chantiers. « Le projet m’a sauvé la vie. C’est avec l’argent obtenu que ma famille et moi avons eu des moyens pour nous nourrir et accéder aux soins médicaux » partage Mme Ngoko-Mosamba. Les pygmées vivent en effet dans  des conditions d’extrême pauvreté, de marginalisation et discrimination. Ils ont peu d'opportunités d'exercer leurs  droits politiques et ils sont absents des instances de décisions politiques. Ayant participé au projet de réinsertion socio-économique, Mme Ngoko-Mosamba est satisfaite des bénéfices tirés des paiements et des échanges d’égal à égal qu’elle a pu avoir avec les bantous lors du projet.  « J’apprécie d’être considérée d’une même façon que le reste du groupe, sans être exclue ni discriminée ». 

Le conflit foncier entre les communautés voisines de Lingotebe et Ngbanda a mené à l’assassinat de plusieurs membres des deux groupes et à la destruction du village de Ngbanda, brûlé en février 2015. La peur a ensuite fait fuir les habitants et les deux villages sont restés déserts pendant trois mois. En février 2016 une cérémonie s'et tenue avec l’appui du PNUD. Lors de cet acte symbolique, les chefs des deux groupements se sont mutuellement demandés le pardon, et les habitats de Lingotebe et Ngbanda ont mangé et dansé ensemble. Ce jour-là, le PNUD et les autorités locales ont lancé le Projet Sud-Ubangi. Un accord a été scellé pour réhabiliter la route et les travaux ont commencé en mars dernier. Justin Kolo Doko, chef du groupement de Lingotebe témoigne: « Les travaux de réhabilitation contribuent au désenclavement du village car jadis il fallait aller au chef-lieu du secteur à pieds. A présent le voyage peut se faire à moto, vélo ou même en voiture. Les travaux ont aussi entraîné une  dynamique positive dans l’économie des ménages ». M. Kolo Doko et son équipe motivent les bénéficiaires à créer une AGR en s’associant avec les bénficiaires de Ngbanda pour cimenter la cohabitation pacifique. « Il est important que les AGR profitent des conditions du milieu » ajoute-t-il, et « se concentrent à la production agricole, telle que l’huile de palme, le maïs, l’arachide et le manioc. Je souhaite qu’avec la redynamisation économique favorisée par les AGR, Lingotebe puisse finalement construire son propre centre de santé, une nécessite aiguë dans une zone où vivent plus de 12 000 personnes dépourvues d’une structure sanitaire fiable. »

 

James Leaver

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