Salim, ex-détenu, se lance dans l’élevage de poulets

29 mai 2015

Salim Kanza exhibe fièrement son brevet. © Josué Mulamba/PNUD 2014

Salim, 21 ans, est plutôt grand. Il ne connaît  pas  sa taille mais soutient qu’il mesure plus de 1m90. La preuve ?  Il touche facilement le panier de basket ! "J’ai appris l’élevage de poulets de chair lors de ma détention à la prison centrale Munzenze de Goma. J’ai purgé ma peine et je suis libre depuis le 18 mars 2014. Je viens d’élaborer un projet pour mettre en pratique ce que j’ai appris à la prison. J’ai un terrain suffisant pour exercer cette activité mais il me manque un capital pour démarrer", explique   Salim Kanza Madimba, sourire en coin, toujours de bonne humeur. Le temps passé en prison n’a pas atteint sa bonhomie. À 20 ans, Salim était élève en cinquième année secondaire en technique sociale dans une école de Goma. Il a passé une année derrière les barreaux à la prison centrale de Goma pour violence. "La prison m’aidé à grandir, à comprendre la valeur de la liberté et à comprendre la vie", souligne-t-il. Pendant  un instant, Salim perd son sourire. Il devient sombre en pensant à ses anciens co-détenus qui attendent leur libération.

Se relancer dans la vie

Il est revenu à la prison pour participer à la remise officielle des brevets aux pensionnaires de la prison ayant suivi une des filières de formation organisées à la prison centrale de Goma par l'ONG Comité d’Appui à l’Autopromotion (CAAP) TUJITEGEMEE qui veut dire "prenons nous en charge". Ces filières sont la coupe et couture, la fabrication de savon artisanal, de parpaings communément appelés "blocs ciments" et l’élevage de poulets de chair. CAAP TUJITEGEMEE  a bénéficié de l’appui matériel et financier du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la MONUSCO (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RD Congo).

Salim ne veut se souvenir que du bon côté de la vie carcérale. Il cite l’apprentissage d’un métier qui lui permettra un jour de se relancer dans la vie. "J’ai été sélectionné parmi d’autres prisonniers pour suivre une formation dans le cadre d’activités génératrices de revenus (AGR). Il fallait, à cet effet, avoir un niveau de formation suffisant, ne pas être  condamné à plus de deux ans d’emprisonnement et avoir une bonne conduite en prison", affirme Kanza Madimba. "La formation était pratique ; les techniques d’élevage faciles à assimiler. J’ai choisi moi-même cette filière parce qu’elle est riche d’opportunités vu le nombre de restaurants et d’hôtels que compte Goma. Le marché existe !"

À sa sortie de prison, il a récupéré le temps perdu en se rendant utile à lui-même et à la société. Il a renouvelé son inscription à l’école afin de terminer son cycle secondaire. Parallèlement à ses études, il compte exploiter un élevage de poulets de chair. "Nous disposons d’assez d’espace à la maison. J’ai envie de mettre en pratique ce que j’ai appris à la prison et de partager cette expérience avec d’autres jeunes."

Réinsertion sociale et économique

Le projet d’implantation des activités génératrices de revenus (AGR) à la prison de Goma vise la réinsertion sociale des détenus tout en générant des revenus pour la prison. « Les  AGR contribuent également à lutter contre l’oisiveté des détenus en réduisant les tensions pouvant dégénérer en bagarres, révoltes ou émeutes. Ce projet d’AGR permet aux prisonniers de gagner de l’argent de poche durant leur détention et  préparer leur réinsertion sociale et économique », explique un gardien formé par l’Institut national de Préparation Professionnelle (INPP) dans la gestion des AGR.

Toutefois, le projet doit se battre au quotidien pour exister, résoudre les problèmes logistiques et trouver des débouchés pour écouler la production. "La demande de parpaings est en constante progression mais la prison manque de véhicules pour la livraison. Nous avons connu un temps d’arrêt avec le poulailler parce que nous avions vendu nos poulets à crédit. Le paiement se fait encore attendre. Nous sommes obligés d’entreprendre un recouvrement forcé. La prison  vient de recevoir un nouveau lot de poussins. Par ailleurs, nous disposons d’un important stock de savons que nous ne savons comment écouler. La production du savon est donc suspendue pour le moment", révèle un autre gardien qui nous sert de guide.

La cour de l’ancien bâtiment désaffecté de la prison sert d’atelier de fabrication des parpaings. "Ici, le travail est un moment que nous attendons tous. Il nous permet d’oublier le temps, de ne pas rester cloîtré dans la cellule. La cour est grande. Tu peux marcher, parler à haute voix. Le travail nous rend un peu de notre dignité et nous permet d’avoir des sous pour acheter du savon ou une cigarette", explique un prisonnier.

Les cellules décrépies ont été aménagées pour l’élevage. Les murs des cellules de l’ancienne prison, troués d’impacts de balles, retracent l’histoire des mutineries et des guerres qui ont traumatisé Goma.

La prison demeure un lieu symbolique pour tenter de gagner la confiance de la population et particulièrement des détenus. "Ces activités génératrices de revenus ont donné une lueur d’espoir à la prison centrale de Goma car une partie des fonds générés par la vente de nos produits sert à l’approvisionnement en vivres et produits d’hygiène pour les détenus afin de réduire les risques de révolte et d’épidémies", déclare le gardien.

Marc NGWANZA

 

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