« Nous voulons être entendus pour que nos communautés sortent de la pauvreté »

26 août 2014

imageUne jeune congolaise répond à l'enquête My World. Crédit: Henri-Gauthier Fene-Fene / PNUD, 2014.

Sac au dos, kakemonos et pétition « My World » à la main, le Coordonnateur National Post-2015, s’est rendu tour à tour à Kindu et Kananga respectivement chefs-lieux des provinces de Maniema et du Kasaï Occidental, deux provinces pauvres et enclavées parmi les onze que compte la République Démocratique du Congo.

Ces provinces vivent de  sérieux problèmes de chômage, de famine, d’accès à  l’eau potable qui oblige les femmes et filles à parcourir de longues distances à pied avec des cruches ou des calebasses sur la tête pour s’approvisionner en eau.

Les habitants n’ont pas de source d’énergie fiable chez eux ; les routes sont dans un état de délabrement avancé et sont parfois redevenues des pistes cahoteuses. Pas de transports en commun comme dans certaines communes urbano-rurales de la Ville-Province de Kinshasa.

Dans ces quartiers défavorisés, nous avons rencontré des femmes et jeunes filles, des hommes et garçons, des personnes âgées dans leurs communautés ainsi que des organisations et associations de la société civile; des élèves des écoles secondaires et des étudiants d’institutions universitaires.

Objectif : les sensibiliser et les mobiliser en élargissant leur compréhension de l’Agenda Post-2015.

Nous avons recueilli leurs avis sur les priorités en termes de développement humain durable. En un mot : quelles sont les 6 priorités choisies par les Congolais et Congolaises pour que leur avenir soit meilleur et que le cercle vicieux de la pauvreté chronique soit brisé?

En dépit des contraintes liées à leurs conditions de vie, ces hommes et femmes, élèves et étudiants, ont accepté d’abandonner leurs occupations pendant trente à soixante minutes voire plus, pour nous accorder leur attention dans l’espoir de voir leurs défis d’aujourd’hui se transformer en meilleures opportunités demain. Bref, dans l’espoir de voir leurs conditions de vie changer un jour.

C’est pourquoi, ils sont venus nous écouter et partager leurs préoccupations. Ils ont, dans la plus part des cas, accepté de signer la pétition sauf quelques-uns parmi lesquels ceux qui estiment que la pétition ne pourra jamais les aider à améliorer leurs conditions de vie.

Ceux et celles qui ont signé la pétition ont insisté  pour que leurs  priorités soient transmises à qui de droit et qu’en retour, les questions liées à la pauvreté des communautés puissent trouver des solutions durables dans les meilleurs délais. « Nous voulons être entendus pour que nos communautés sortent de la pauvreté », déclare fortement l’un d’eux.

Espoir de changement et démocratie locale

L’implication des Congolais et Congolaises dans cette pétition « My World » nous a permis de récolter, près de 5.314 voix/priorités. Parmi ces  priorités, relevons entre autres :

  • de meilleures offres d’emplois ;
  • une bonne éducation ;
  • un gouvernement honnête et réactif ;
  • une alimentation nourrissante à un prix abordable ;
  • un meilleur système de santé ;
  • de meilleures routes ;
  • de meilleurs transports en commun ;
  • un accès facile à l’eau potable.

Voilà  les priorités majeures et concrètes des Congolaises et Congolais que nous avons rencontrés.

Nous espérons que le plus grand nombre d’entre eux vont s’approprier cette pétition en vue d’encourager leurs amis, collègues, parents et autres personnes de leurs communautés à participer à cette enquête. C’est un moyen efficace pour que leurs avis soient entendus par les dirigeants locaux, régionaux.

Le défi est immense, bien sûr, mais ils/elles nous ont dit qu’ils veulent tenter de changer le monde dans lequel ils vivent. C’est pour cela que la voix des citoyens congolais et celle de leurs  communautés comptent auprès des décideurs nationaux et internationaux.

Cette pétition « My World » permet aussi d’aller à la rencontre de publics très différents dans des endroits proches ou reculés. C’est un vecteur de  démocratie locale tout en s’appuyant sur le développement humain durable dans la perspective d’un Congo émergent d’ici à 2030.

Le compte à rebours a donc commencé : il reste 16 ans d’ici à 2030! Il faut  continuer à se retrousser les manches. À cet horizon, les populations congolaises veulent  vivre dans un monde où elles auront accès aux meilleurs soins de santé primaire, aux meilleures offres d’emploi et seront capables d’assurer une meilleure éducation de leurs enfants sans discrimination…

Un monde où les questions liées à la gestion de l’écologie, à la sécurité, à la bonne gouvernance et à la transparence seront prises sérieusement en considération par les gouvernants. Ceci n’est pas un rêve. C’est une réalité qui appelle à l’engagement civique et communautaire de tous les Congolais et Congolaises, ainsi que l’appui des partenaires au développement.

Pour plus d'informations

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C'est quoi MY World ?
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MY World est une enquête mondiale pour tous les citoyens, conduite par les Nations Unies et leurs partenaires.

 

Elle a pour but de recenser la voix des populations, leurs priorités et leurs opinions surtout celles des plus marginalisés, afin que les dirigeants du monde entier puissent en être informés lors de la définition du prochain Agenda mondial pour le Développement Post-2015.

 

En RDC, cette pétition ne veut pas seulement se limiter au critère quantitatif du nombre de réponses recueillies. Elle veut aussi traiter les réponses de façon qualitative pour donner des pistes de réflexion/action au niveau national, au niveau du PNUD et d’autres agences du Système des Nations Unies.

 

Concrètement, un point focal (VNU ou pas) est désigné à Kinshasa et dans les  bureaux de terrain. Ce point focal travaille en étroite collaboration avec le Coordinateur National Post-2015, basé à Kinshasa, pour diffuser largement cette pétition auprès des communautés, partout dans le pays, auprès des collègues nationaux ainsi que leurs dépendants afin de récolter un maximum de réponses.

 

Le Programme VNU a l’intention de recueillir d’ici à Septembre 2014, 7.000 réponses auprès de la population congolaise et pour les inscrire dans la logique de l’Agenda Post-2015.

Téléchargez le questionnaire