« Une nouvelle police est née au Katanga», déclarent les lauréats de la première promotion de l’école de Kasapa

01 avr. 2014

imagePolicier Lauréat enfariné, mais heureux ! Credit : Marc_Ngwanza/PNUD. 2014

Samedi 8 mars 2014, le monde célèbre la Journée Internationale de la Femme. Elle a coïncidé à Lubumbashi avec la fin de la formation de base de la première promotion des élèves policiers de l’école de police de Kasapa. Au total, 488 policiers dont 29 femmes venus de la province du Katanga ont suivi cette formation pour un coût de 2 millions de dollars américains financés par la coopération japonaise. Elle s’inscrit donc dans la continuité du partenariat quadripartite PNC-JICA-PNUD-MONUSCO (1) qui a débuté en 2009. 

Le PNUD a assuré la gestion et l’administration du projet en tant qu’agence de gestion de fonds c’est-à-dire d’exécution et de mise en œuvre. Dans le cadre du transfert des compétences et du renforcement des capacités dans le domaine de l’administration, le PNUD a cédé à la Police Nationale Congolaise (PNC) la gestion de 60 % des fonds, plus particulièrement dans la réhabilitation des infrastructures de l’école, le transport et la santé. La PNC a fourni 28 formateurs dont deux femmes et 15 encadreurs parmi lesquels on comptait trois femmes. La MONUSCO a contribué avec 13 formateurs.

Au total, 488 policiers dont 29 femmes

Les femmes, et particulièrement les policières, étaient à l’honneur, ce samedi 8 mars. Bonus supplémentaire, elles ont retrouvé leur féminité : en effet, leurs cheveux ont repoussé après la tonte d’immersion à l’école, plusieurs portent des tresses, aujourd’hui. Elles ont pris soin de leur parure : boucles d’oreilles, bijoux, rouges à lèvres, fard et ongles vernis les mettent en beauté. Mais elles ne se font pas remarquer uniquement par leur charme naturel : leur présence au sein de cette formation de police prouve que la restauration de la sécurité et de la confiance de la population passe par les hommes, et par les hommes et par les femmes. 

Le décor de fête était planté depuis la veille dans l’enceinte de l’école qui a fait peau neuve pour l’occasion : les arbres ont reçu une couche de chaux. Des partenaires, dont une société de télécommunications, ont planté des arches publicitaires gonflables à l’entrée de l’école et dans la cour. Les parents des lauréats sont en nombre dans la foule, qui avec une fleur, qui avec un cadeau en main. Un marché de fleurs s’est improvisé dans la cour de l’école. 

C’est sous un soleil ardent que les 459 policiers et 29 policières, rangés depuis les premières heures de la matinée, attendent la proclamation des résultats qui leur donnera un brevet sanctionnant une formation de six mois. Pendant la formation, ils ont suivi 39 modules faisant partie de trois grandes disciplines : les cours à caractère général (expression française, service intérieur, anatomie humaine…), juridique (notion de droit, les droits de l’homme, les droits de l’enfant, le droit international humanitaire) et technique (maintien et rétablissement de l’ordre public,  rédaction d’un procès-verbal). Ils affirment volontiers que c’est pour la première fois qu’ils reçoivent une formation et attendent avec impatience leur parchemin.  Et pourtant, ils ont exercé, dans un passé récent, leur métier sans les rudiments de base qui pouvaient faire d’eux des agents de police qualifiés, responsables qui maîtrisent le code d’éthique et de déontologie de la police. 

Le commissaire général adjoint, Luzembo Nsemi, représentant le commissaire général de la police nationale congolaise, a rappelé aux policiers leur mission : « Protéger les personnes et leurs biens (…). Hier, vous étiez des policiers innocents parce que vous exerciez votre métier sans formation. Aujourd’hui, vous êtes des policiers responsables après avoir suivi la formation » a-t-il déclaré. 

De son côté, le commandant de l’école de police de Kasapa, le commissaire divisionnaire Jean Bernard Bazenge a exprimé sa reconnaissance envers « les partenaires internationaux pour leurs apports financiers et techniques dans la formation des éléments de la police congolaise ». Il a exhorté les policiers à respecter leur serment : « Vous aurez toujours comme leitmotiv l’intérêt supérieur de notre population. Pour cela, vous devez développer des capacités d’écoute et de respect des droits de la personne humaine. Vous vous montrerez en outre, disciplinés et respectueux des lois et règlements qui nous régissent ». 

Le Directeur Pays ai du PNUD, Michel Balima, a souligné que « le PNUD espère que ces nouveaux effectifs seront utilisés de manière optimale pour l’amélioration des conditions sécuritaires de la population congolaise et de tous les étrangers; qu’ils feront partie de l’élite qui respecte les droits humains, rassure la population, protège les  droits des enfants et des femmes et lutte contre les violences sexuelles ainsi que contre toutes formes de discriminations fondées sur le Genre ».

Le gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi, a reçu le serment des policiers qui ont promis de respecter la constitution, l’ordre public et servir la population congolaise. Les policiers ont démontré leur savoir-faire en présentant des exercices portant sur l’interpellation d’un suspect dangereux, l’encadrement d’une manifestation publique, le montage et le démontage des armes les yeux bandés et d’autres exercices d’adresse lors des moments délicats de leurs interventions sur le terrain. 

« Nous devons respecter les droits de l’homme »

Vital Longo, un des lauréats, est heureux. Sa nouvelle tenue est couverte de farine en signe de réjouissances. C’est une pratique répandue que l’on observe lors de la publication des résultats de concours, d’examens sanctionnant la fin des études secondaires, ou encore  lors de la collation des grades académiques.  Il affirme que « c’est un moment de prise de conscience parce que maintenant nous avons des armes appropriées pour exercer notre métier dans le cadre de la police moderne fonctionnant sur base des standards internationaux. Notre promotion doit constituer le noyau d’une police proche de la population qui doit nous faire confiance car nous avons le devoir de respecter les droits de l’homme. Une nouvelle police est née ». Vital a aussi une pensée pour la femme. « Je félicite les femmes en ce jour qui leur est dédié. Je les appelle et les encourage à intégrer la police nationale congolaise. Il y a des femmes parmi  nous et certaines sont lauréates. Parmi nos formateurs, il y avait également des femmes. »

« Mon comportement professionnel va complètement changer »

Sarah Ngoy, Katangaise au teint clair intimidée par la caméra, ne veut se souvenir que de bons moments passés à l’école de police de Kasapa. « J’invite les jeunes filles à venir me rejoindre dans les rangs de la police nationale.  Nous avons évolué dans un respect mutuel entre les hommes et les femmes pendant la formation. J’ai beaucoup appris pendant la formation et les notions sur les droits de l’homme m’ont fortement marquée. Mon passage dans cette école va changer complètement mon comportement sur le plan professionnel », assure Sarah.

Les policiers formés à Kasapa sont mis à la disposition du commissaire provincial de la police qui se chargera de leur affectation. Le commandant de l’école de police de Kasapa a annoncé le lancement de l’opération de recrutement des élèves policiers qui viendront de la vie civile pour la prochaine session de formation. Le PNUD reste un partenaire de la Police Nationale Congolaise dans le cadre de la réforme de la police notamment dans la police de proximité. 

(1) PNC : Police Nationale Congolaise - JICA : Coopération Japonaise qui a également réhabilité les bâtiments de deux autres écoles à Kapalata et Kasangulu - PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement - MONUSCO : Mission des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo

Marc Ngwanza

Renforcement des Capacités de la Police Nationale Congolaise

Pour plus d’informations, veuillez contacter à Lubumbashi :

Tsunetaka TSUCHIYA 

Chef de Projet

Tel :+243 97 10 11 530

E:mail: tsuchiya.tsunetaka@undp.org

Démonstration d’actions de police : arrestations et gestion d’émeutes, lors de la cérémonie de clôture
EN BREF
  • L’école de police de Kasapa a été créée en 1951 par Edouard van Winkel, vice-gouverneur général du Congo belge. 
  • Après le 30 juin 1960, elle devient une école provinciale de police du Katanga. En 1966, Kasapa est une école supérieure de police. 
  • En 1972, pour en faire une gendarmerie nationale, Kasapa se mue en un centre d’instruction de la gendarmerie nationale. 
  • Elle devient une école de police dans le cadre de la réforme de la police nationale congolaise.
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