Le B-A BA de la réinsertion par l’alphabétisation !

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Bienvenue au Centre Communautaire Polyvalent (CCP) de Mugunga au cœur de la Province du Nord-Kivu ! Sous son préau, femmes et hommes se réunissent plusieurs fois par semaine pour discuter, échanger des informations et suivre les cours d’alphabétisation proposés par la structure. Dans cette école pas comme les autres, les enfants chahutent tandis que les parents s’appliquent à tracer des lettres dans leurs cahiers d’écoliers. La preuve qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre !

Des bénéficiaires souvent victimes de violences sexuelles

Chiffres clefs

  • 160 bénéficiaires
  • 127 femmes et 10 hommes victimes de VBSG

La plupart des 160 bénéficiaires du CCP de Muganga sont victimes de VBSG (violences basées sur le Genre). Ils viennent y suivre une formation pour s’autonomiser et trouver des moyens de subsistance. À cause du nombre élevé de violences sexuelles à l’est du pays et des tabous qui pèsent encore sur la société congolaise, beaucoup de femmes et d’hommes se trouvent marginalisés après avoir subi d’importants traumatismes. Ainsi le CCP accueille aujourd’hui 127 femmes et 10 hommes victimes de VBSG, dont seule la moitié a porté plainte suite à leur agression.

Isolés économiquement et socialement, ils ont souvent besoin d’une aide extérieure pour trouver des solutions et remettre un pied à l’étrier. "J’ai été victime de viol et c’est ainsi que je suis venue dans ce centre. J’ai été encadrée ici par d’autres femmes qui m’ont aidée à retrouver mon estime et à me réintégrer socialement" explique Lucie*, qui prend actuellement part aux cours d’alphabétisation de premier niveau que dispense la structure. Les proches des victimes sont également accompagnés par le CCP, de manière à ne pas isoler et stigmatiser les victimes.

Grâce à cet enseignement, d’énormes progrès sont rapidement accomplis et les bénéficiaires témoignent de changements encourageants dans leur quotidien. Aimée* se souvient "Avant, je vendais au marché et je ne réalisais pas de bénéfices parce que je ne savais pas compter. Je perdais de l’argent dans l’échange de la monnaie. J’observe un grand changement depuis  que je sais lire, écrire et compter. C’est un apport important dans la vie de ma famille."

Une nouvelle chance grâce à de nouvelles compétences

"Lorsque les volontaires arrivent au centre, nous  évaluons leur niveau. Nous classons ceux qui  savent écrire un peu d’un côté et ceux qui ne savent même pas tenir le stylo de l’autre. Nous ne les plaçons pas tous dans une même classe, chaque nouvel arrivant est placé dans la classe correspondant à son niveau" explique un enseignant du CCP. Chacun a droit à une nouvelle chance, quel que soit son âge, son sexe, son milieu social… en un mot, quelle que soit son histoire.

"Je suis venu au centre pour apprendre et retenir quelque chose. Je suis arrivé ici, après avoir connu des démêlés avec les rebelles du groupe armé M23. J’ai décidé de rejoindre le groupe pour réapprendre à vivre et apprendre un autre métier pour mon avenir" témoigne Mathieu* qui espère pouvoir accéder à de nouvelles opportunités de travail et nourrir ses quatre enfants, eux-mêmes difficilement scolarisés.

Pendant que les parents prennent part aux formations, les enfants sont surveillés par un service de garderie. Une fois l’étape de l’alphabétisation et de la numération maîtrisée, d’autres formations plus techniques s’enchaînent pour enclencher la réinsertion socio-économique des bénéficiaires. Des cours de coupe-couture ou de tissage de paniers sont ainsi régulièrement proposés, leur permettant de monter une activité génératrice de revenus. Certaines femmes choisissent ensuite de se réunir à la Cité pour monter un collectif et vendre ensemble leur production. Toutefois, une journée passée à tisser des paniers de rafia leur rapporte seulement un dollar américain. Cette solidarité est donc nécessaire, car elle sert de rempart face à la précarité en leur offrant un cadre social.

Une formation qui s’inscrit dans une démarche holistique de réinsertion

Le PNUD soutient le CCP de Mugunga depuis 2010, lorsqu’il a financé la construction du bâtiment. Auparavant, les bénéficiaires se réunissaient sous le manguier, mais désormais ils disposent d’une véritable structure qui propose des activités transversales, telles que les causeries indicatives réunissant hommes, femmes et jeunes. Le centre fournit également une écoute psycho-sociale pour les victimes de VBSG, auxquels des spécialistes prodiguent conseils, soins et appui dans la gestion de leur anxiété.

Le CCP s’inscrit  dans le cadre du Programme Conjoint de Lutte contre l’Impunité, d’Appui aux Victimes de Violences Basées sur le Genre, et d’Autonomisation des Femmes à l’Est de la République démocratique du Congo est financé par le Gouvernement canadien pour une durée de cinq ans à hauteur de 18 millions de dollars canadiens. Il rassemble le PNUD**, le FNUAP, l’UNESCO et le BCNUDH ainsi que le minière du Genre, Famille, Enfant, et celui de la Justice et Droits Humains.  (voir encadré ci-joint).

Pour générer des revenus et maintenir le CCP à flot, des activités de production ont également été mises en place avec le soutien financier du PNUD dans une optique d’autofinancement. La plus importante, la culture de champignons, permet de faire vivre le centre et d’entretenir les bâtiments. Dans le fond de la cour, un élevage de lapins permet aussi de soutenir les bénéficiaires, à qui les nouvelles portées sont distribuées à tour de rôle.

Lorsque l’autonomisation des groupes marginalisés passe par une transmission de savoirs, la réinsertion socio-économique se conjugue décidemment au futur et non plus au conditionnel !

* nom fictif
**PNUD : Programme des nations Unies pour le développement ; FNUAP, Fonds des Nations Unies pour la Populations- BCNUDH : Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme

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