La forêt est ma richesse et je la protège 

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À 42 ans, Mauro Bosoli est déjà grand-père et père 11 enfants. Il a trois femmes, sa fille de 16 ans vient de lui donner un autre petit-fils. Pour un ressortissant de peuple autochtone, Mauro est plutôt grand de taille. Svelte, il dépasse le 1,70 m. Il est le président de l’association locale de promotion des peuples autochtones de Lokolama et Botsua Lamuka, deux villages séparés par la route dans le secteur de Penzele, territoire de Bikoro dans la province de l’Equateur. Petit à petit, il s’est rendu compte que ses fils ne grandissaient pas comme lui. Ils ne mangent plus comme lui. Plusieurs aliments ont disparu. Les enfants souffrent de sous-alimentation. Les ressources de la forêt s’épuisent. "Quand nous étions enfants, les singes peuplaient les arbres, les sangliers étaient abondants dans la forêt. Nous mangions à notre faim et des mets succulents", se rappelle Mauro. "Et maintenant, on doit se contenter de conserves, de légumes et de poissons fumés ou salés. Mais il faut avoir l’argent pour acheter", enchaine-t-il.

La forêt de Wamba à Lokolama et Bostua Lamuka appartient pourtant aux Pygmées mais elle a longtemps été exploitée et spoliée par les populations voisines de bantu qui ne leur reconnaissent aucun droit. "Nous avons remarqué que la forêt se dégrade avec l’extension de la culture sur brûlis et la coupe sauvage de bois par nos voisins bantu ; le gibier se raréfie avec l’intensification de la chasse, pour des raisons commerciales, avec des armes à feu ; certains poissons ont disparu de nos étangs naturels, nous n’avons plus des chenilles comme par le passé", explique Mauro Bosoli. "La forêt est une richesse pour nous car nous en tirons toutes nos ressources. C’est pourquoi, nous avons pris la décision de  la protéger. Non seulement nous la protégeons, mais nous la reboisons avec certaines essences qui ont disparu notamment les arbres à chenilles et les plantes médicinales", complète Mauro.

Chiffres clés

  • Le PNUD est présent dans la zone dans le cadre du Programme de petites subventions avec le projet d’appui à la planification du projet de conservation de la biodiversité de l’écosystème forestier de Wamba.
  • Gestion durable de près de 200 ha de forêt
  • Coût du projet 25 000 dollars américains
  • Le bailleur est Fonds mondial pour l’environnement
  • Le but de ce projet est de mener des actions pour la conservation de la biodiversité de l’écosystème forestier de Wamba.

Régénérer la forêt

Pour donner plus d’ampleur à son combat, l’association de Mauro a scellé un pacte avec une autre association qui défend les mêmes objectifs : l’Association des Paysans Pygmées de Lokoloma, APPL. Ensemble, ils ont lancé le projet de conservation du patrimoine forestier autochtone de Wamba. Dans le cadre du programme de protection de l’environnement du PNUD, l’APPL a bénéficié, depuis 2011, d’un financement de plus de 25 000 dollars dans le cadre du Programme de petites subventions du PNUD sur financement du Fonds de l’Environnement Mondial. Ce fonds a permis de mener des actions pour lutter contre la déforestation par l’appui à la planification du projet de conservation de la biodiversité de l’écosystème forestier de Wamba. "Ce financement a déjà permis de borner et de faire un état de lieu de la forêt ; sensibiliser les autochtones à une gestion rationnelle de leur mère nourricière pour n’en tirer que ce dont ils ont besoin pour vivre. Maintenant, les paysans reboisent la forêt", déclare Tyti Balenga, agroforestier et chargé de programme d’APPL. "Pour manger, nous  soigner… nous recourons à la forêt", explique Mauro. Pour sa part Tity Belenga précise que "le financement du PNUD a permis de mettre en route un plan de sauvegarde du patrimoine forestier de Wamba". Avec le concours des Pygmées, nous avons divisé la forêt en deux parties. La plus grande partie, soit plus de 100 ha, est mise en jachère pendant deux ans. Dans cette partie, il n’y aura pas de chasse, pas de pêche dans les étangs naturels, pas de coupe de bois, pas de champs cultivés.

C’est pour nous une manière de laisser les espèces de régénérer. L’autre partie, près de 70 ha, est exploitée par la population locale». L’administration locale du secteur de Penzele a accepté d’accompagner les paysans Pygmées dans ce projet notamment la gestion des conflits liés à l’intrusion dans les espaces protégés.

La forêt nourrit et guérit

Dans la forêt, humide et marécageuse, Mauro nous conduit vers la ligne de démarcation entre les deux parties de la forêt. La piste sinueuse se termine brusquement sur les marécages. Pour atteindre le cœur de la forêt de Wamba, les arbres coupés servent de piste sur les marécages. Il faut être équilibriste pour parcourir en file indienne cette piste sur les troncs d’arbres. "Nous abattons les arbres à croissance rapide, ce n’est pas du gaspillage", précise Mauro.  Dans la forêt, il s’arrête devant un arbre et pointe du doigt une ruche sauvage. "Nous reviendrons une nuit pour cueillir le miel. C’est un produit miracle, un aliment important pour nous car il soigne plusieurs maladies. Il soigne la constipation, la plaie, la toux. Il ne faut pas en manquer à la maison", souligne Mauro. Quelques mètres plus loin, Mauro peste en montrant des troncs d’arbres qui se décomposent dans l’humidité de la forêt. "Pourquoi les ont-ils coupés s’ils ne pouvaient pas les évacuer sur la route ?", enrage-t-il.

A certains endroits, les cimes des arbres empêchent les rayons solaires d’atteindre le sol. On comprend mieux l’effet de serre dans cette forêt touffue qui emprisonne les vapeurs d’eau qui s’élèvent des marais et vous fait transpirer à grosse goutte. La sueur dégouline de la tête au pied et brouille la vue lorsqu’elle entre dans les yeux. Les Pygmées, eux, on dirait qu’ils courent et dansent sur ces troncs d’arbre tant le milieu de la forêt leur est familier ! Pour les citadins, venus en reportage, ce n’est pas aussi simple ! Les Pygmées n’ont pas transpiré une seule goutte de sueur pendant la traversée ! Dans cette forêt, on perd la notion de temps et d’orientation. Après des heures de marche éreintante, on rencontre des clairières, Mauro montre les arbres fruitiers."Nos ancêtres habitaient ici avant que les colons les ont obligé à s’installer sur la route principale parce qu’une épidémie les décimait dans la forêt", dit Mauro. Il explique que lorsque les ressources se raréfiaient sur un site, leurs ancêtres se déplaçaient vers un autre site.

Après plus de deux heures de marche dans la moiteur et sur un parcours semé d’embûches, Mauro indique la ligne de démarcation de la partie de la forêt protégée. Les arbres sont coupés sur près de cinq mètres de largeur. "Pour bien marquer la séparation entre les deux parties, nous plantons des arbres à chenilles ainsi que des plantes médicinales en ligne. Nous effectuons des travaux d’entretien de la ligne de démarcation une fois par mois. Chaque membre de la communauté a le devoir de protéger la partie laissée en jachère en dénonçant des cas d’intrusion et d’activités prohibées. Nous avons remis dans les étangs certains poissons qui avaient disparu et espérons qu’ils vont se multiplier entretemps. Après deux ans, nous allons évaluer la situation avec des techniciens de l’environnement ainsi que ceux d’APPL travaillent avec nous", soutient Mauro.

Marc NGWANZA

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