Les femmes, pilier de la sécurité alimentaire dans leur communauté

Les femmes, pilier de la sécurité alimentaire dans leur communauté
Un champ expérimental de maïs résilient à Kipopo. © Marc Ngwanza/PNUD 2014.

Au bout d’une heure et demie de route sur une piste cahoteuse, à travers la savane boisée du Katanga, surgissent des champs de maïs qui forment une ceinture autour de la station de recherche  de l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) de Kipopo. Les chauffeurs peuvent affronter avec sérénité cette route damée sur une terre ocre en saison sèche… avant qu’elle ne devienne un bourbier durant la saison pluvieuse ! Rares les sont les véhicules qui s’y engagent alors pendant la saison des pluies. Ce sont les motos et les vélos qui deviennent les rois de la piste. Kipopo, c’est la station de recherches agricoles couplée à une station météo. C’est ici que le Programme d’Action National d’Adaptation au changement climatique d’Appui au Secteur Agricole (PANA-ASA) a testé pendant cinq ans de nouvelles variétés de maïs résilientes (résistantes) au changement climatique avec l’appui technique et financier du PNUD et du Fonds mondial pour l’environnement (FEM). Au terme d’essais jugés concluants par l’équipe des agronomes de l’INERA, les semences seront distribuées aux pays pour la nouvelle agricole qui commence en octobre prochain. De ce fait, le programme PANA-ASA changera également de dénomination et de finalité pour devenir Programme d’Action National d’Adaptation au changement climatique d’Appui aux Femmes et Enfants (PANA-AFE). Dans sa phase de mise en œuvre, compte tenu des résultats des études socio-économiques menées par le PNUD sur le terrain, la femme et l’enfant  sont, en effet, les premiers bénéficiaires du nouveau programme. Les études menées ont démontré que les femmes et les enfants participent activement au changement transformationnel des communautés rurales car ils demeurent le maillon essentiel de la pérennité  des acquis en milieu rural.

Une saison sèche de 8 mois

Le Projet en chiffres

  • Avril 2014 : démarrage du projet PANA-ASA
  • 3 050 000 dollars : financement du projet par le FEM et le PNUD.
  • 4 sites de l’INERA : à Kipopo au Katanga, Ngimbi dans le Bas-Congo, Kikyaka au Bandundu et Ngandajika au Kasai Oriental, se déroule la phase expérimentale des cultures résilientes.
  • Octobre 2014 : début de la phase de vulgarisation des semences résilientes avec le Projet PANA- AFE sur les sites de Kipopo et Ngandajika.
  • 10 000 US$ : coût de la réhabilitation du parc météo
  • 19 tonnes de semences : production du site comprenant 14.440 tonnes de maïs, 4.360 tonnes d’arachides, 315 kg d’haricots et 260 kg de riz au cours des saisons agricoles 2012-2013.
  • 7 associations féminines vont bénéficier du projet PANA-AFE soit 450 ménages, regroupant plus d’un millier de personnes.

Au Katanga, région d’exploitation minière, les études attestent que les hommes migrent plus que les femmes et les enfants à la recherche d’un emploi vers les sites miniers. De même, femmes et enfants sont les principales victimes du changement climatique. Les femmes jouent également un rôle socio-économique considérable car elles sont très actives dans les secteurs tels que l’agriculture, la pêche et l’élevage. Elles complètent le budget familial  par des activités de production et de commercialisation. Elles participent à la diffusion des connaissances et d’innovations dans d’autres villages.

Ce sont les résultats obtenus pendant ces cinq années que le Directeur Pays a.i du PNUD, Michel Balima, a touchés du doigt lors de sa dernière visite à Lubumbashi en 2014. Le PNUD soutient ce projet dans le cadre de ses interventions et de son expertise dans le domaine du changement climatique en encourageant l’INERA à mettre au point des semences qui peuvent s’adapter aux changements climatiques, notamment celles qui peuvent arriver précocement à maturité en dépit de la baisse de la pluviométrie.

Le chef de l’antenne PANA-ASA Kipopo, l’ingénieur agronome Becker Ntumba Katombe, relève  «qu’au Katanga, la saison sèche dure 8 mois par an, en dépit des fortes pluies enregistrées en mars et qui ont occasionné des inondations dans plusieurs coins de la province. En plus de la baisse de la pluviométrie, l’agriculture est confrontée aux aléas liés à la fertilité et à l’acidité des sols ». Dédé Mbangu, chef du parc météo de Kipopo, atteste que « les fortes précipitations de mars sont les résultantes du changement climatique qui s’observe dans la région. Des paysans ont perdu leurs récoltes à la suite des inondations, ce qui risque d’aggraver la précarité alimentaire dans les prochaines années ».  Il ajoute qu’avec le changement climatique, « l’enjeu majeur pour les paysans demeure le recours aux prévisions météorologiques pour planifier les saisons agricoles. Nous avons mené plusieurs tournées de sensibilisation auprès des producteurs, des éleveurs et des forestiers qui se heurtent de plus en plus aux changements de dates de semis qui ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre. C’est une contrainte majeure sur les activités agricoles rendant plus difficile l’ajustement du cycle des cultures à celui des pluies ».

Becker Ntumba note que « le sol du Katanga n’est pas riche et donc peu propice à l’agriculture. En raison de la composition chimique du sol, l’humus se détruit rapidement. La déforestation intensive liée à la fabrication de la braise ne permet plus la reconstitution de l’humus et entraîne la latérisation du sol. Pourtant, la population doit vivre de la terre et les terres propices à l’agriculture se trouvent dans les grandes vallées alluviales». C’est donc la solution qui a été choisie à Kipopo : amener les femmes à cultiver dans les vallées alluviales où elles peuvent bénéficier de l’eau provenant d’une retenue pour irriguer les cultures lors de la rareté des pluies. Kipopo dispose également d’un ouvrage hydro-agricole aménagé ;  un barrage de 157 m de longueur et 1,50 m à 1,80 m de hauteur aménagé et alimenté par  un canal principal et de trois canaux secondaires.

Semences résilientes face aux changements climatiques

«En dépit de l’exploitation minière à grande échelle, précise Becker Ntumba, les populations rurales du Katanga vivent de l’agriculture et elles doivent changer les techniques culturales en recourant aux semences qui vont s’adapter aux changements climatiques ». Il estime que les résultats obtenus avec le soutien financier et matériel du PNUD et d’autres partenaires, dont le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), sont probants à Kipopo. Becker Ntumba cite la réhabilitation du parc météo pour un coût aux alentours de 10 000 dollars. Dans le domaine de la recherche, les essais de criblage dans la recherche, la maintenance et la production de semences pré-base et base réhabilitées pour le maïs, le riz, l’arachide, le haricot, et le manioc ont été un succès. Le site a produit près de 19 tonnes de semences comprenant 14.440 tonnes de maïs, 4.360 tonnes d’arachides, 315 kg d’haricots et 260 kg de riz au cours des saisons agricoles 2012-2013. Lors du passage au PANA-AFE à la prochaine saison agricole qui commence en octobre 2014, le projet va vulgariser les nouvelles semences résilientes. Sept associations féminines vont bénéficier du projet PANA-AFE, soit 450 ménages regroupant plus d’un millier de personnes, sont retenues et sensibilisées sur les prévisions et calendriers agricoles. Elles vont recevoir des semences pour la prochaine saison agricole. Becker Ntumba soutient que ces associations vont être des têtes de pont dans la diffusion des semences améliorées auprès de leurs communautés par effet de « boule de neige » et de partage des connaissances. Durant cette phase préparatoire, les paysans ont été équipés de 4 moulins pour la transformation des produits agricoles au bénéfice de plus de 100 ménages ciblés dans 4 villages- pilotes.

Prendre son destin en main

À Kipopo, Michel Balima a rencontré des femmes et des hommes extrêmement engagés qui ont pris leur destinée en main pour améliorer leur vie.  Il a déclaré que « le groupement des femmes a montré qu’elles sont compétentes. Elles sont capables et peuvent jouer le rôle de leadership pour développer leur région à condition que la possibilité leur en soit offerte ; que la sensibilisation et le renforcement des capacités soient développés ».

Le parc météo, doté de divers instruments météorologiques acquis sur financement du PNUD par le biais du projet PANA-ASA, participe à l’action de sensibilisation et de renforcement des capacités dans la gestion de données météorologiques au profit de l’agriculture. L’aménagement du parc météo permet à l’Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomiques (INERA) de collecter les données météorologiques et de fournir des informations sous forme de bulletins météo tous les dix jours et de prévisions météorologiques saisonnières. Ces données permettent également d’établir des tendances climatiques qui sont diffusées par une radio communautaire dans la zone d’intervention du projet au profit des paysans afin de préparer la saison agricole, ni trop tôt, ni trop tard. 

L’appui du PNUD au projet PANA-AFE pendant les 4 prochaines années se focalisera sur l’encadrement des paysans par le suivi de la mise en œuvre du projet et la prise en charge d’une partie des frais de fonctionnement. Becker Ntumba  veut profiter de la saison sèche quand les pistes seront praticables pour prédisposer les semences dans les villages et associations. « L’action la plus difficile dans les milieux ruraux consiste à faire changer aux paysans leurs habitudes culturales empiriques et leur faire accepter l’introduction de nouvelles semences », fait-il remarquer. C’est le pari qu’il compte gagner dès octobre. Foi d’agronome !

Marc NGWANZA

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