Des sondages d’opinion pour accompagner le changement

13 août 2016

  Des sondages pour accompagner le changement

Rendre disponibles des données de haute qualité sur la paix, la protection et la justice en RDC est un allié précieux pour les programmes d'aide. Les informations récoltées lors de sondages menés avec la technologie de collecte de données numériques peuvent être utilisées pour informer et guider les décisions politiques, planifier, surveiller et améliorer les activités de développement et humanitaires dans le pays.

Dans cette perspective, le projet « Collecte des données sur la Consolidation de la Paix et la Reconstruction en RDC » appuyé par le PNUD et la MONUSCO est développé en étroite collaboration avec Harvard Humanitarian Initiative (HHI) qui se charge de préparer, de mener et d’analyser les sondages.

Patrick Vinck est Directeur du programme de donnéessur les droits humains chez HHI: 

"En tant qu’institution de recherche dans le secteur de développement, nous avions l’habitude de collecter des données projet par projet mais nous manquions de d’informations sur le contexte en général, sur la sécurité… Nous avons donc développé l’idée de faire un projet qui donne un bon aperçu de la situation pour comprendre le contexte des actions humanitaires et de développement."

Prendre en compte la perception de la population 

"Ce  projet pilote a pour objectif de réaliser des sondages d’opinion afin de mieux comprendre la perception de la population par rapport à une série de sujets. Ces derniers touchent à la sécurité, à l’accès à la justice, et à des thèmes un peu plus flexibles comme l’impact de l’insécurité en cours au Burundi, la perception du découpage administratif,… Nous pensons que ces sondages sont utiles : prendre des décisions est difficile, particulièrement en zones de conflits. Les orientations  prises sont importantes, elles peuvent impliquer les conditions de vie de millions de personnes. Les informations de qualité qui peut soutenir le processus de prise de décision est rarement disponible. Notre projet vise à fournir de façon continue des données à jour, fiables et qui reflètent le point de vue de la population. Nous avons commencé en décembre 2014 à réaliser des sondages trimestriels pour lesquels nous interrogeons en moyenne 4000 personnes. Ces personnes sont choisies au hasard parmi la population.  Nos équipes travaillent dans 25 zones dans les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu et de l’Ituri."

"Notre méthodologie se décline en deux parties : L’échantillonnage et les sondages. Nous avons établi des listes de regroupement pour tous les territoires ciblés. 27 villages ont été ciblés dans chaque territoire. Huit interviews sont réalisées par village."

"Les 140 enquêteurs que nous avons formés sont des assistants communautaires financés par la MONUSCO ou des partenaires universitaires. Pour chaque sondage,  70 enquêteurs sont déployés sur le terrain pour réaliser  les interviews à l’aide de tablettes numériques. Ces outils nous permettent d’encoder, de partager et d’analyser les données directement. Nous obtenons un échantillon d’environ 220 interviews tous les trois mois pour chacun des 25 territoires.  Notre équipe a constaté qu’il est plus facile d’interviewer les gens en milieu rural. Je suis très surpris par la disponibilité et l’enthousiasme des citoyens pour discuter des sujets que nous leur proposons."

"Les données récoltées  sur les tablettes sont synchronisées avec un serveur à distance. Nous procédons ensuite à une analyse assez descriptive comparant certaines données. Les résultats sont rapidement partagés pour recevoir les commentaires des groupes impliqués dans le projet. Sur base des résultats et des discussions, nous choisissons 4 ou 5 sujets qui sont explorés dans une publication trimestrielle accessible sur notre site web. Tous les résultats sont disponibles sur les cartes interactives créés pour certains indicateurs clés."

"Les groupes impliqués par les enquêtes sont les universités partenaires, le PNUD, la MONUSCO. Nous organisons des réunions de concertations à Kinshasa, à Goma, à Bunia… auxquelles les autorités locales et nationales participent. Nous invitons les partenaires à commenter les résultats avant qu’ils ne soient publiés."

"L’intérêt pour l’usage des données est encore en développement. Pour les projets du PNUD nous avons par exemple des demandes d’analyse spécifique qui prennent les résultats d’enquête comme baseline. Ces enquêtes permettent de prendre conscience de faits qui vont parfois va à l’encontre des idées acquises. Un exemple : un sondage récent a montré que la confiance de la population  dans les systèmes informels de justice est plus élevée que dans les systèmes formels. Comment prendre ce constat en compte pour améliorer les projets ? Nous essayons d’accompagner le changement avec nos enquêtes."

Utilisation des enquêtes dans le long terme

"Nous avons énormément de demandes pour prolonger la réalisation de ces sondages dans le temps,  surtout sur des indicateurs liés aux stratégies nationales et internationales, comme la stabilisation. Il y a aussi des demandes d’extension géographique dans les autres régions du pays."

"Dans une vision à plus long terme nous souhaitons que ce service soit rendu par les universités nationales et les chercheurs.  Nous travaillons déjà au renforcement des capacités et à l’accompagnement de nos partenaires qui sont extrêmement talentueux. Il faudra ensuite construire la confiance pour que ces acteurs soient reconnus pour leur travail."

"Une des prochaines étapes importantes à mettre en œuvre sera le partage des résultats des sondages  aux personnes interviewées. Il s’agira de les rencontrer avec les données et de créer des groupes de discussion pour leur demander ce qu’ils en pensent. Nous avons déjà commencé à présenter de manière  systématique les résultats aux autorités locales concernées. Nous devons faire un travail beaucoup plus qualitatif pour aller encore plus loin que ce que nous faisons aujourd’hui et impliquer les populations sondées."

Depuis 2013, le PNUD et la MONUSCO ont développé avec le Gouvernement de la RDC un projet de collecte des données sur la consolidation de la paix et la reconstruction. Objectif : dessiner un cadre inclusif d'informations et d'analyses approfondies.

Depuis 2013, le PNUD et la MONUSCO ont développé avec le Gouvernement de la RDC un projet de collecte des données sur la consolidation de la paix et la reconstruction. Objectif : dessiner un cadre inclusif d'informations et d'analyses approfondies.

Ce projet vise à rendre disponible des données de haute qualité sur la paix, la protection et la justice en RDC issues d’enquêtes et de sondages menés avec la technologie de collecte de données numériques. Ces données seront utilisées pour informer et guider les décisions politiques, planifier, surveiller et améliorer les programmes de développement et humanitaire dans le pays.

Le projet « Collecte des données sur la Consolidation de la Paix et la Reconstruction en RDC » est développé en étroite collaboration avecHarvard Humanitarian Initiative qui se charge de préparer, de mener et d’analyser les sondages.

En tant qu’institution de recherche dans le secteur de développement, nous avions l’habitude de collecter des données projet par projet mais nous manquions de d’informations sur le contexte en général, sur la sécurité… Nous avons donc développé l’idée de faire un projet qui donne un bon aperçu de la situation pour comprendre le contexte des actions humanitaires et de développement.

Prendre en compte la perception de la population 

Ce  projet pilote a pour objectif de réaliser des sondages d’opinion afin de mieux comprendre la perception de la population par rapport à une série de sujets. Ces derniers touchent à la sécurité, à l’accès à la justice, et à des thèmes un peu plus flexibles comme l’impact de l’insécurité en cours au Burundi, la perception du découpage administratif,… Nous pensons que ces sondages sont utiles : prendre des décisions est difficile, particulièrement en zones de conflits. Les orientations  prises sont importantes, elles peuvent impliquer les conditions de vie de millions de personnes. Les informations de qualité qui peut soutenir le processus de prise de décision est rarement disponible. Notre projet vise à fournir de façon continue des données à jour, fiables et qui reflètent le point de vue de la population. Nous avons commencé en décembre 2014 à réaliser des sondages trimestriels pour lesquels nous interrogeons en moyenne 4000 personnes. Ces personnes sont choisies au hasard parmi la population. Des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes... pour avoir une représentation statistique de la population. Nos équipes travaillent dans 25 zones dans les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu et de l’Ituri.

Notre méthodologie se décline en deux parties : L’échantillonnage et les sondages. Nous avons établi des listes de regroupement pour tous les territoires ciblés. 27 villages ont été ciblés dans chaque territoire. Huit interviews sont réalisées par village.

Les 140 enquêteurs que nous avons formés sont des assistants communautaires financés par la MONUSCO ou des partenaires universitaires. Pour chaque sondage,  70 enquêteurs sont déployés sur le terrain pour réaliser  les interviews à l’aide de tablettes numériques. Ces outils nous permettent d’encoder, de partager et d’analyser les données directement. Nous obtenons un échantillon d’environ 220 interviews tous les trois mois pour chacun des 25 territoires.  Notre équipe a constaté qu’il est plus facile d’interviewer les gens en milieu rural. Je suis très surpris par la disponibilité et l’enthousiasme des citoyens pour discuter des sujets que nous leur proposons.

Les données récoltées dans les sondages courts de 20 minutes sur les tablettes sont synchronisées avec un serveur à distance. Nous procédons ensuite à une analyse assez descriptive comparant certaines données. Les résultats sont rapidement partagés pour recevoir les commentaires des groupes impliqués dans le projet. Sur base des résultats et des discussions, nous choisissons 4 ou 5 sujets qui sont explorés dans une publication trimestrielle accessible surnotre site web. Tous les résultats sont disponiblessur les cartes interactives créés pour certains indicateurs clé.

Les groupes impliqués par les enquêtes sont les universités partenaires, le PNUD, la MONUSCO. Nous organisons des réunions de concertations à Kinshasa, à Goma, à Bunia… auxquelles les autorités locales et nationales participent. Nous invitons les partenaires à commenter les résultats avant qu’ils ne soient publiés.

L’intérêt pour l’usage des données est encore en développement. Pour les projets du PNUD nous avons par exemple des demandes d’analyse spécifique qui prennent les résultats d’enquête comme baseline. Ces enquêtes permettent de prendre conscience de faits qui vont parfois va à l’encontre des idées acquises. Un exemple : un sondage récent a montré que la confiance de la population  dans les systèmes informels de justice est plus élevée que dans les systèmes formels. Comment prendre ce constat en compte pour améliorer les projets ? Nous essayons d’accompagner le changement avec nos enquêtes.

Utilisation des enquêtes dans le long terme

Nous avons énormément de demandes pour prolonger la réalisation de ces sondages dans le temps,  surtout sur des indicateurs liés aux stratégies nationales et internationales, comme la stabilisation. Il y a aussi des demandes d’extension géographique dans les autres régions du pays.

Dans une vision à plus long terme nous souhaitons que ce service soit rendu par les universités nationales et les chercheurs.  Nous travaillons déjà au renforcement des capacités et à l’accompagnement de nos partenaires qui sont extrêmement talentueux. Il faudra ensuite construire la confiance pour que ces acteurs soient reconnus pour leur travail.

Une des prochaines étapes importantes à mettre en œuvre sera le partage des résultats des sondages  aux personnes interviewées. Il s’agira de les rencontrer avec les données et de créer des groupes de discussion pour leur demander ce qu’ils en pensent. Nous avons déjà commencé à présenter de manière  systématique les résultats aux autorités locales concernées. Nous devons faire un travail beaucoup plus qualitatif pour aller encore plus loin que ce que nous faisons aujourd’hui et impliquer les populations sondées.